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Quelles sont les conséquences financières d'une médaille olympique obtenue à retardement?

On a beaucoup parlé ces dernières semaines de l'avancement au classement olympique dont pourrait bénéficier l'haltérophile de Rouyn-Noranda Christine Girard en raison des tests de dopage positifs de certaines de ses concurrentes. Est-il possible, quatre ans plus tard, d'évaluer les pertes en retombées et en commandites pour une médaille olympique d'or - ou de bronze - reçue à retardement? L'équipe de l'émission Des matins en or s'est posé la question vendredi.

Un article d'Émilie Parent-Bouchard d'après une entrevue de David Chabot

D'emblée, l'expert consultant en communications et stratégies marketing du sport Jean Robitaille est catégorique. « Malheureusement non », tranche-t-il lorsqu'on lui demande s'il est possible de quantifier la valeur de ces pertes. « Parce qu'il y a beaucoup trop de variables qui entrent en ligne de compte et qui font en sorte que ça devient très difficile. »

Un projecteur sur les athlètes qui s'entraînent dans l'ombre

Le spécialiste concède cependant que la forte médiatisation des Jeux olympiques peut valoir son pesant d'or. Selon lui, le « projecteur sur un athlète » que représente une médaille olympique peut être déterminant pour la façon de financer son prochain cycle d'entraînement. Il ajoute que si les bonnes performances constituent le moyen d'attirer le regard de ce projecteur, c'est surtout la façon de réagir de l'athlète qui est susceptible de se traduire en espèces sonnantes et trébuchantes. 

« C'est ce que ce projecteur va nous mettre en lumière qui va généralement décider de la valeur de cette médaille-là, fait valoir le spécialiste. En bout de ligne, c'est l'attention que l'on va attirer et la personnalité que l'on va dégager qui vont beaucoup dicter ce qui va suivre. »

Il ajoute que le marché de la commandite a aussi beaucoup changé au cours des dernières années. Selon lui, c'est la période qui précède la tenue de Jeux olympiques qui est la plus lucrative pour les athlètes sur ce marché.

Une occasion manquée pour le développement du sport au pays?

Au-delà de la profondeur des poches de Christine Girard, le fait de rapporter une médaille des Jeux olympiques est aussi une occasion pour les salles d'entraînement ou les associations sportives de surfer sur la vague. « Il est certain que le projecteur qui vaut pour l'athlète vaut aussi pour son sport, explique-t-il. Parce qu'on découvre des sports à ce moment. Ça apporte une visibilité. »

« Maintenant, est-ce que la fédération ou les clubs qui la composent sont capables de suffire à la demande », s'interroge l'analyste, ajoutant que les associations sportives doivent préalablement pouvoir compter sur des infrastructures adéquates pour tirer avantage de la vague potentielle d'engouement.

Une hiérarchie des disciplines sportives?

Jean Pelletier note par ailleurs que tous les sports ne profitent pas autant de la visibilité d'une médaille olympique. L'haltérophilie n'est effectivement pas le 100 m ou la natation. L'expert précise que l'accessibilité des infrastructures et la tradition y sont pour beaucoup. « Il est certain qu'il y a des sports qui ont plus de notoriété, qui sont [plus] populaires parce qu'il y a davantage d'équipements et d'installations », indique-t-il.

L'expert conclut cependant que l'exception confirme toujours la règle. Il prend pour exemple Myriam Bédard, une athlète « plus populaire que son sport » qui a tout de même su redorer le blason du biathlon, une discipline peu connue au Canada avant ses performances à Albertville et à Lillehammer, au début des années 1990.

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