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Rapport du BAPE : le projet d'agrandissement de Canadian Malartic est acceptable, à certaines conditions

Le ministre de l'Environnement, David Heurtel, vient de rendre public le rapport du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) sur le projet d'agrandissement de la mine aurifère Canadian Malartic et de déviation de la route 117 à Malartic. Selon la commission d'enquête, le projet serait acceptable, mais des modifications doivent être apportées pour respecter les exigences gouvernementales et réduire les incidences négatives de ses activités sur la communauté de Malartic.

Projet viable, à certaines conditions

On peut lire dans le rapport que les résidents de Malartic doivent s'attendre à des désagréments à cause de la proximité des travaux, mais que la situation actuelle n'est pas soutenable, en particulier pour ceux vivant le plus près des activités minières. « Pour la commission, des améliorations devraient être apportées à l'exploitation de la mine et au projet d'agrandissement avant que ne soit octroyée l'autorisation de procéder », y est-il écrit.

La route 117 pourra être déviée

En ce qui concerne la route 117, l'option de déviation est acceptable pour la commission, car le projet d'agrandissement de la mine ne saurait à lui seul justifier le contournement de la ville de Malartic.

La commission rappelle en terminant que, si des problèmes de cohabitation demandent actuellement à être résolus et que leur solution à Malartic ne se fait pas sans heurts ni tensions, c'est, entre autres, parce que les lois et les règlements du Québec ne prévoient pas de distances minimales à respecter entre les activités des mines à ciel ouvert et les résidences les plus proches, ce qui permettrait de créer une zone tampon. « Une modification réglementaire ou administrative s'impose afin de remédier rapidement à la situation. Il en va d'une cohabitation harmonieuse et de l'acceptabilité sociale des projets miniers de cette nature par les communautés d'accueil », conclut-on.

La coalition Pour que le Québec ait meilleure mine accueille favorablement le rapport

Le porte-parole de la coalition, Ugo Lapointe, insiste sur ce dernier point. Il rappelle qu'une zone tampon aurait dû être établie dès le départ du projet minier. Ce fait avait été souligné maintes fois lors des audiences du BAPE. Il déplore que ce type de zone ne soit pas imposée dans le domaine minier, alors que c'est le cas notamment en agriculture, pour des sites de compostage ou encore des éoliennes, précise-t-il.

Accueillant « très favorablement » ce rapport, M. Lapointe ajoute que plusieurs problèmes pour les citoyens de Malartic y sont soulignés. « Notamment, le fait que le BAPE est très critique à l'égard du ministère de l'Environnement. Il juge qu'il n'applique pas les lois, les normes, de façon rigoureuse », remarque-t-il.

Selon M. Lapointe, le rapport relève aussi un autre fait : « Le programme actuel de compensation et de rachat de maisons de la minière est insuffisant, il est injuste, il est inéquitable. » Dans le même ordre d'idée, il note : « Une autre recommandation que le BAPE fait, c'est de nommer un médiateur indépendant pour résoudre la situation, les problèmes, essayer de trouver une solution entre les citoyens et la minière à Malartic. »

Canadian Malartic satisfaite

La mine Canadian Malartic salue la décision du ministre de rendre public rapidement le rapport du BAPE. La mine est également satisfaite de la décision des commissaires de recommander au gouvernement l'approbation du projet. Elle entend procéder à une analyse approfondie de chacune des préoccupations et des recommandations soulevées par les commissaires.

Canadian Malartic croit toutefois que les commissaires ont accordé une très grande importance à des éléments du passé et à de nombreuses opinions énoncées durant les audiences. Selon l'entreprise, plusieurs faits démontrent un important virage entrepris depuis 2014 par la mine. Elle ajoute que les performances environnementales ont connu des améliorations importantes.

« On pensait que ça allait être un peu plus souligné, mais c'est quand même noté que la performance environnementale de la mine s'est améliorée depuis juin 2014. Mais aussi le BAPE - et j'y ai assisté à l'ensemble des audiences - ça a été aussi un bulletin des opérations du début du dernier décret à aller à notre projet d'expansion. C'est une évaluation, dans le fond, du projet global de la mine », croit le directeur général de mine Canadian Malartic, Serge Blais.

Des communautés autochtones demandent à rencontrer le ministre Heurtel

Par ailleurs, les communautés Abitibiwinni de Lac-Simon et de Long Point demandent une rencontre avec le ministre de l'Environnement, David Heurtel, au sujet de l'agrandissement de la mine Canadian Malartic.

Le chef de la Première Nation Abitibiwinni, David Kistabish, affirme que le gouvernement a l'obligation constitutionnelle de consulter les communautés, même si elles ont déposé un mémoire au BAPE. Celles-ci exhortent le ministre Heurtel à les rencontrer en personne.

« Ils ont une obligation de nous consulter et de nous accommoder à ce niveau-là. C'est un droit constitutionnel et, malheureusement, je pense qu'on n'est pas pris au sérieux à ce niveau-là. On veut aller au fond des choses. Ce qu'on fait, c'est qu'on tend la main au ministre Heurtel pour lui dire : "On demande à vous rencontrer vous, cette fois-ci, et non les fonctionnaires" », souligne David Kistabish.

Le ministère de l'Envrionnement écrit avoir « procédé à la détermination du niveau de consultation de la communauté d'Abitibiwinni dans le respect de ses obligations en matière de consultation autochtone tel que prévu au Guide intérimaire en matière de consultation des communautés autochtones. Deux lettres du ministère adressées à la communauté ont été envoyées au cours du mois de septembre et d'octobre pour réitérer l'ouverture du MDDELCC à la rencontre et au dialogue. »

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