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Recrutement outre-mer au CISSS-AT : « Ça dépense de l'argent pour aller en France pendant qu'ici on coupe 110 lits »

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue (CISSS-AT) a recruté cinq infirmières en France. Ce fait choque Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) qui affirme que les employés locaux du CISSS-AT ne sont pas tous à temps plein.

Un texte de Félix B. Desfossés, d'après des entrevues d'Annie-Claude Luneau

Les infirmières françaises doivent entrer en poste en 2018. Une sera placée par MRC de la région.

Marie-Pierre Dufour, adjointe à la direction des communications, des ressources humaines et des affaires juridiques, confirme que les syndicats ont raison d'affirmer que tous les employés du CISSS-AT n'ont pas un emploi à temps complet.

« C'est vraiment sur une base volontaire. Chaque employé, de la façon que ça fonctionne, a un poste à temps plein - qui est à ce moment-là cinq jours par semaine - ou qui est un poste à temps partiel qui varie d'un quatre sur quatorze jours à un huit ou un neuf par quatorze jours. Dès qu'il n'est pas à temps complet, il a la possibilité de se rendre disponible pour rehausser sa disponibilité jusqu'à un maximum libre à eux. Présentement, avec la disponibilité qu'on a sur nos quarts de travail, ce n'est pas suffisant », affirme Mme Dufour.

Le CISSS-AT explique ainsi sa décision de se tourner vers la main-d'oeuvre indépendante, c'est-à-dire par le biais d'agences. Le centre de santé part donc en mission en France avec Recrutement santé Québec.

Déception à la FIQ

La vice-présidente Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) pour le secteur de La Sarre, Nancy Moore, se dit « très déçue » de savoir que cinq infirmières françaises seront engagées dans la région. « Nous n'avons aucunement signé d'ententes là-dessus [...] Les postes ne sont pas tout le temps affichés, c'est pour ça qu'il manque du monde sur les places bien précises sur les départements », rétorque-t-elle.

Selon Mme Moore, « la convention collective signée entre le syndicat et la direction en juillet 2016 prévoyait un rehaussement des postes à temps complet régional. Alors qu'on négociait un rehaussement régional, on a appris que l'employeur s'était rendu deux fois en Europe pour recruter des infirmières. Il leur garantissait un temps complet [...] nous on le sait parce qu'on a jasé avec des infirmières françaises », affirme-t-elle.

La vice-présidente de la FIQ pour La Sarre met en perspective les fermetures de lits annoncées dans différents établissements de la région avec les dépenses encourues par le recrutement outre-mer. « Ça dépense de l'argent pour aller en France pendant qu'ici on coupe 110 lits. Il y a 18 lits à Amos qui ont été coupés à Amos dernièrement. Ça occasionne 31 postes de professionnels en soin qui ont été abolis », affirme-t-elle.

Une solution en vue?

Malgré tout, les nouvelles ne sont pas que mauvaises. Le CISSS-AT et le syndicat semblent aller dans la bonne direction. « Aujourd'hui, on a été rassurés par le CISSS que malgré son incapacité à livrer son engagement contractuel selon l'entente de principe qu'on avait, il prévoie quand même une démarche conjointe de planification de la main-d'oeuvre avant que les infirmières françaises arrivent », nuance Nancy Moore.

Cinq établissements de santé du Québec participent à cette campagne de recrutement outre-mer.

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