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Réduction de 37,5 % des GES d'ici 2030 : une cible à atteindre, mais des mesures concrètes seront nécessaires

Les organismes environnementaux accueillent favorablement la nouvelle cible de réduction de 37,5 % des émissions des gaz à effet de serre d'ici 2030, proposée aujourd'hui par le gouvernement Couillard, mais restent prudents. De leur côté, certaines entreprises d'Abitibi-Témiscamingue se disent aussi prêtes à faire l'effort nécessaire pour atteindre cette cible.

Avec les informations de Vanessa Limage

Une cible, mais quelles mesures?

L'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique soutient que Québec devra prendre des mesures concrètes et cohérentes. « Que le gouvernement cesse de soutenir des projets qui vont augmenter les émissions, par exemple, le projet Énergie-Est. Ce projet-là, s'il était accepté, émettrait 150 millions de tonnes de CO2 par années, c'est-à-dire deux fois les émissions du Québec », souligne le directeur climat-énergie, Alain Brunel.

De son côté, l'Association minière du Québec (AMQ) croit que pour atteindre la nouvelle cible de réduction des GES proposée par Québec, il faudra que le gouvernement soutienne l'industrie financièrement. « Je peux vous dire que si on ne met pas des mesures pour aider l'industrie de tout le Québec à déployer les efforts qui faut pour se rendre à cette cible-là sans mesure, sans aide, je n'y crois pas », mentionne la présidente directrice-générale de l'AMQ Josée Méthot.

Le Conseil régional de l'environnement (CREAT) croit que la nouvelle cible de 37,5 % de réduction des GES par rapport à 1990 est atteignable d'ici 2030. Cependant selon le CREAT, il faudra des actions concertées de différentes instances et des citoyens. « On pourrait penser au niveau des municipalités à privilégier les commerces de proximité, pour limiter l'usage de la voiture. [...] Je pense qu'il y a beaucoup d'opportunités à saisir et puis à réfléchir ensemble sur un développement responsable au niveau de la région », fait valoir la directrice générale, Clémentine Cornille.

L'industrie prête à participer aux efforts

Des entreprises minières de l'Abitibi-Témiscamingue se disent toutefois prêtes à s'impliquer dans l'effort de réduction des gaz à effet de 37,5 %.

Avec sa nouvelle mine Dumont à Launay en 2019, Royal Nickel émettra à elle seule 1 % des émissions de GES du secteur industriel québécois. Cependant, la minière cherche des façons de pallier cette pollution. « On avait déjà dans notre projet différentes mesures qui étaient proposées, des mesures d'atténuation au niveau des gaz à effets de serre, pour réduire nos émissions. On étudie la possibilité que les camions puissent se connecter à la grille électrique, donc, plutôt que d'être alimentés par un moteur diesel, les camions seraient alimentés dans certaines sections par l'électricité qui viendrait de la grille électrique, ce qui réduirait nos émissions d'environ 30 % », explique le directeur du développement durable chez Royal Nickel, Pierre-Philippe Dupont.

La fonderie Horne de Rouyn-Noranda voit d'un bon oeil la nouvelle cible proposée par Québec. L'entreprise soutient d'ailleurs avoir déjà dépassé cette cible en 2011 notamment en optimisant son équipement pour augmenter l'efficacité énergétique.

Selon l'inventaire 2012 du ministère de l'Environnement, l'industrie représentait près de 32 % des émissions des gaz à effet de serre et le transport 45 %.

La nouvelle cible québécoise de réduction des GES fera l'objet d'une consultation publique en commission parlementaire sous peu. Elle sera ensuite présentée par le gouvernement du Québec à la conférence de Paris sur le climat en décembre.

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