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Relocalisation des caribous de Val-d'Or vers « un camp de concentration pour animaux », dénonce l'Action Boréale

L'Action Boréale de l'Abitibi-Témiscamingue dénonce la relocalisation des caribous forestiers de Val-d'Or vers le Zoo sauvage de Saint-Félicien.

« Un camp de concentration pour animaux »

Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette, a confirmé le déplacement des bêtes ce matin. Cette décision « exceptionnelle » a pour objectif de « protéger et d'assurer la survie » de la harde de Val-d'Or, a expliqué le ministre.

Selon Henri Jacob, président de l'Action Boréale, le caribou forestier ne pourra pas survivre dans un espace fermé. « Ce troupeau-là, qui vit normalement dans un milieu naturel sur un très grand territoire, ce sont des animaux migrateurs, même s'ils migrent sur des territoires de 1100 km2 à peu près. Là, on va les amener dans quelque chose comme un camp de concentration pour animaux. On ne parle pas de petits animaux. Ce sont de gros animaux. C'est de la poudre aux yeux, c'est de la peinture verte », déplore-t-il.Le président de l'Action Boréale souligne aussi que plusieurs caribous ont péris au Zoo de Saint-Félicien, il y a quelques années. « C'est un peu drôle que le ministre aujourd'hui nous dise : va déménager un troupeau comme ça, alors qu'il y a à peine 2 ans, quand on a attrapé 4 bêtes, il y en a une qui est morte [...] et aussi au Zoo de Saint-Félicien on a appris qu'en 2005 il y avait 19 des 21 caribous qui sont morts », indique-t-il.

Des inquiétudes soulevées lors d'audiences du BAPE

Pourtant, lors de récentes audiences du BAPE à propos du projet minier Akasaba Ouest, qui sera développé près de Val-d'Or, Henri Jacob affirmait lui-même que les espoirs de survie pour cette harde étaient minces. « C'est vrai qu'ils étaient condamnés parce que le territoire était massacré, carrément massacré : 92 % d'impact sur le territoire, précise-t-il. Il n'y avait plus de possibilité pour survivre pour ce troupeau-là. Ce que nous autres on a toujours dit, c'est qu'on devait se servir de cette expérience-là pour ne pas répéter les mêmes expériences ailleurs. Ce que le gouvernement fait, encore une fois, c'est qu'il trouve une solution sortie d'une boîte magique, pour nous faire semblant que ça va régler un problème. Dans ce cas-ci, on va libérer le terrain pour continuer à le vider complètement. »

Une mort précipitée?

Le déménagement des caribous précipitera simplement la disparition des bêtes, selon lui. « Le problème de ce caribou-là, c'est que même si tu le déménages, il va mourir pareil. C'est juste de la poudre aux yeux. Ce sont des bêtes dont la plupart sont assez âgées, elles vont mourir dans quelques temps. Ça va avoir coûté je ne sais pas combien de milliers de dollars déménager ces bêtes-là. L'autre chose, c'est comment qu'on va courir après pour les attraper? Il va en mourir plusieurs juste dans l'opération, vous allez voir, vous allez entendre ça. C'est dur à attraper! On est dans le bois, on n'est pas dans le Grand Nord où tu peux courir après en hélicoptère », souligne-t-il.

« Quand quelqu'un est pogné d'un cancer terminal, on essaye de le laisser tranquille, on essaye de ne pas lui faire trop de pression. De mon point de vue, ils vont mourir de toute façon. On aurait dû simplement les laisser tranquilles. Ils n'ont pas de chance. Ça va mourir peut-être dans les 5 à 10 prochaines années. Mais le gouvernement est trop pressé d'ouvrir le territoire, le petit peu qui reste, aux compagnies forestières, pour faire plaisir à l'industrie, j'imagine », conclu M. Jacob.

Les élections de 2018 seraient la principale raison expliquant cette décision selon le militant.

Cette solution à court terme pourrait avoir des incidences sur la manière dont la faune sera gérée à l'avenir. Un troupeau semblable est aussi menacé par des travaux sylvicoles au nord de La Sarre. M. Jacob craint que d'ici 20 à 30 ans.

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