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Remaniement ministériel : quels effets sur l'Abitibi-Témiscamingue?

Le remaniement ministériel présenté ce matin par le gouvernement Couillard soulève certaines réactions en Abitibi-Témiscamingue, notamment dans les milieux de l'éducation et des services de garde. La majorité des ministères ayant des liens avec l'industrie minière ont conservé leurs chefs.

Statu quo pour Luc Blanchette

Le député de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, Luc Blanchette, conserve son poste de ministre délégué aux Mines et ministre responsable de l'Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec. Il est heureux de pouvoir assurer une continuité dans les dossiers du secteur minier.

S'il concède qu'il a eu du mal à intégrer ses nouvelles fonctions au départ, le ministre croit cependant que son expérience le sert de plus en plus. « Quand j'ai commencé, comme député et ministre - tout le monde va reconnaître que ce n'est pas une tâche simple - donc il a fallu prendre du galon en même temps qu'on apprenait la fonction. Mais là, je suis déjà plus confortable dans la fonction, tout le protocole, dans les différentes missions qu'on me donne, etc. Donc, on aborde la chose avec plus d'expérience bien sûr », a-t-il déclaré.

L'industrie minière satisfaite

D'ailleurs, le secteur minier accueille de manière favorable la reconduction de Luc Blanchette au titre de ministre délégué aux Mines. La présidente directrice-générale de l'Association minière du Québec (AMQ), Josée Méthot, soutient que cela permettra d'assurer une certaine continuité dans les dossiers.

La directrice générale de l'Association d'exploration minière du Québec (AEMQ), Valérie Fillion, abonde dans le même sens, faisant valoir que le fait d'assurer une certaine stabilité dans des ministères-clés, fera gagner du temps à tout le monde. Elle s'attend cependant à ce que le gouvernement poursuive le travail pour rendre le Québec attrayant pour les investisseurs miniers. Selon elle, cela signifie des retombées pour une région comme l'Abitibi-Témiscamingue.

Luc Blanchette dit aussi être heureux de conserver la responsabilité des régions de l'Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec puisqu'il dit avoir une bonne relation avec les députés libéraux Guy Bourgeois, d'Abitibi-Est et Jean Boucher, d'Ungava.

Pierre Moreau, 3e ministre de l'Éducation en 20 mois

Pierre Moreau a été nommé ministre de l'Éducation. Le directeur général du Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue, Sylvain Blais, a de grandes attentes pour le nouveau ministre de l'Éducation. Il estime que Pierre Moreau est un habile politicien qui sait naviguer dans des contextes difficiles. Sylvain Blais cite en exemple son dernier passage aux Affaires municipales.

« Chez nous, ce n'est pas individuellement, continue-t-il, c'est collectivement : le réseau des cégeps, le réseau des commissions scolaires, [le secteur] universitaire est un peu moins en réseau, mais quand même, il faut faire face à l'entièreté de l'éducation. »

Pierre Moreau devient le troisième ministre de l'Éducation du gouvernement Couillard en 20 mois. Sylvain Blais espère qu'il pourra rester en poste un peu plus longtemps que ces prédécesseurs. Il affirme qu'une certaine stabilité permet de faire avancer les dossiers plus rapidement.

C'est aussi l'avis du président du Syndicat de l'enseignement de l'Ungava et de l'Abitibi-Témiscamingue (SEUAT) Luc Gravel. « Un cinquième ministre de l'éducation en 5 ans... On espère que celui-là va rester un peu plus longtemps », lance-t-il.

Sébastien Proulx au ministère de la Famille

Sébastien Proulx remplace Francine Charbonneau, dans le rôle de ministre de la Famille fait aussi réagir. Il aura notamment à négocier avec les Centres de la petite enfance qui réclament le retrait des compressions annoncées de 120 millions de dollars et un réinvestissement dans les CPE.

La présidente du regroupement des CPE de l'Abitibi-Témiscamingue, Manon Barbe, a bon espoir que le ministre sera à l'écoute des parents.

En attendant une rencontre avec le nouveau ministre, les CPE de la région continuent leurs actions de visibilité, ils tiennent notamment des chaînes humaines autour des services de garde et un grand rassemblement régional est prévu le 7 février.

Agriculture et accaparement des terres

Dans le secteur de l'Agriculture, on salue le maintien du ministre Pierre Paradis. On est également heureux de voir rester en poste le ministre responsable de la région, Luc Blanchette, qui s'est récemment dit préoccupé par l'accaparement des terres au Témiscamingue. Sylvain Vachon, président régional de l'Union des producteurs agricoles (UPA), affirme s'attendre à des gestes concrets dans ce dossier.

Industrie forestière

Le maintien du ministre Laurent Lessard à la tête du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs est bien accueillie dans l'industrie forestière. Le président directeur général du Conseil de l'industrie forestière du Québec, André Tremblay, est heureux de conserver son interlocuteur.

Le moment aurait été mal choisi selon lui pour remplacer M. Lessard, alors que plusieurs grands dossiers sont en cours. Rappelons que le ministre a visité l'ensemble des régions du Québec pour connaître les préoccupations de l'industrie dans le cadre de sa tournée Faire plus. Une cellule d'intervention forestière a aussi été mise en place pour trouver des solutions concrètes à la crise forestière.

Pour le conseil, les attentes sont donc grandes pour la modernisation de l'industrie, modernisation qui passe selon lui par la capacité à faire évoluer l'industrie vers un environnement plus compétitif et aussi par des mesures pour supporter la transformation de l'industrie.

Kelley reste, une bonne nouvelle pour Pikogan

Le chef de la communauté de Pikogan voit d'un bon oeil la reconduction du ministre des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley. Selon David Kistabish, cela permettra d'assurer une continuité dans les dossiers qui concerne sa communauté.

« Il y a un bon suivi dans les dossiers et il est à l'écoute de nos demandes et nos préoccupations », mentionne M. Kistabish, en soulignant le suivi assuré par M. Kelley dans la crise qui a secoué Val-d'Or cet automne, en lien avec les allégations d'abus policiers dénoncés par des femmes autochtones de la région.

Une voix discordante

Le président régional du Parti québécois d'Abitibi-Témiscamingue, Gabriel Massicotte, souligne son insatisfaction envers le statu quo dans plusieurs secteurs ministériels liés à l'économie de l'Abitibi-Témiscamingue.

Il précise que « les ministres rattachés à l'économie de notre région, les ressources naturelles, les forêts, les autochtones, n'ont pas changé. Est-ce que je dois comprendre que le premier ministre pense que ces secteurs-là vont bien? Je pense que je n'en suis pas à mon premier communiqué où je mentionne qu'à ces égards-là, il ne se passe pas grand-chose. »

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