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Réseaux sociaux : il tourne une vidéo pour venir en aide à un itinérant auto-stoppeur

Yvon Nantel, de Rouyn-Noranda, a fait une rencontre marquante au cours des derniers jours. Il a fait monter dans sa voiture Pierre Bernard, un homme de 56 ans sans domicile fixe qui faisait de l'auto-stop vers le Témiscamingue. La vidéo qu'il a tournée avec l'homme a été vue près de 6000 fois.

Un article de Félix B. Desfossés

Le 29 septembre dernier, M. Nantel, psychoéducateur, se rend au Témiscamingue pour son travail. « Puis, dépassé un peu le village d'Arntfield, il y avait quelqu'un qui faisait du pouce. [Une personne] assez âgée qui inspirait la sécurité, je dirais, alors je l'ai embarquée tout simplement, sachant que j'avais un bon bout de chemin à faire », raconte-t-il.

Son passager, Pierre Bernard, est en direction de North Bay. Il compte transiter par le Témiscamingue, où il souhaite être hébergé chez Groupe Image, une ressource venant en aide aux hommes vivant des situations difficiles.

De fil en aiguille, M. Bernard révèle au conducteur qu'il est itinérant. Depuis 2004, il voyage sans relâche, au gré des saisons. Sans domicile fixe, il ne bénéficie d'aucune source de revenus. Il offre son aide, son travail, en échange d'un toit, d'un repas.

« Sa logique n'est pas d'avoir un emploi ou de l'aide sociale, c'est d'être capable d'avoir quelqu'un sur qui il peut s'appuyer et briser la solitude. Ce qu'il m'expliquait, c'est qu'en faisant du pouce, en allant travailler chez les gens, en se promenant un peu partout, c'est ça qu'il allait chercher : le contact humain, mais sans s'imprégner nulle part ou juste deux, trois jours, une semaine », relate M. Nantel.

De ses propres mots, dans la vidéo tournée par Yvon Nantel, Pierre Bernard dit « considérer la vie à une mesure différente que l'homme considère aujourd'hui. »

Originaire de Montréal, il s'est retrouvé à vivre en marge de la société après avoir vécu plusieurs épreuves. Bien que des ressources existent pour aider les gens dans sa situation, M. Bernard est à la recherche de quelque chose d'autre. « Il disait : "Ce n'est pas ça qui va me maintenir à un endroit. Ce dont j'aurais besoin, c'est une conjointe ou un ami, comme colocataire ou une personne avec qui je pourrais habiter, qui me donnerait une raison de m'installer quelque part" », cite Yvon Nantel.

Au fil de leurs discussions, Pierre Bernard explique à son conducteur qu'il n'est pas toujours facile pour lui d'être hébergé dans un gîte pour itinérant. Certains coûts y sont associés et plusieurs règles doivent y être respectées. Yvon Nantel se questionne d'ailleurs sur les budgets alloués par le gouvernement à ces ressources. « L'itinérance, les problèmes de santé mentale, les difficultés que les personnes peuvent vivre... d'avoir des organismes comme La maison du soleil levant, à Rouyn, ou La Piaule [à Val-d'Or] qui sont obligés de charger des frais à quelqu'un qui n'a pas une cent pour qu'il soit capable de dormir et de se nourrir, c'est une aberration de la société », croit-il.

C'est pour cette raison qu'il a décidé de tourner une vidéo et de la publier sur les réseaux sociaux. « Je me suis dit que si ça pouvait faciliter que le monde voit sa [figure] ou qu'une personne le reconnaisse et qu'au lieu de passer 2 heures sur le bord du chemin, qu'il passe 15 minutes, déjà là, ça serait bien », affirme le chauffeur.

Depuis, certaines personnes ont contacté M. Nantel sur Facebook pour lui dire qu'elles avaient aussi cueilli M. Bernard sur un accotement. D'autres se sont offertes pour lui donner du travail en échange de nourriture ou d'un gîte. Quand Yvon Nantel a contacté les ressources d'hébergement du Témiscamingue et de North Bay pour tenter de retrouver la trace de Pierre Bernard, on lui a dit qu'il ne s'y était pas encore rendu.

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