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Richard Desjardins lance une chanson inspirée par la bataille de Vimy

Richard Desjardins n'aime pas la guerre, mais pour un auteur-compositeur-interprète, l'une des batailles les plus sanglantes du passé peut être une source d'inspiration qui mène à la naissance d'une chanson comme Vimy.

Vimy est le premier titre inédit écrit et composé par Desjardins depuis la parution en avril 2011 de l’album L’exhistoire et d’un duo (L’étoile du Nord) avec Geneviève Jodoin, dans ce cas, pour le disque de cette dernière (Amis chemin). Depuis, silence musical, hormis une collaboration avec Paul Daraîche pour les besoins d’une reprise (Le lumberjack) en 2012.

La nouvelle chanson est, bien entendu, inspirée par la bataille de la crête de Vimy, qui a eu lieu en France du 9 au 12 avril 1917, il y a 100 ans cette année, soit lors de la Première Guerre mondiale.

Cet affrontement sanglant a mis aux prises les quatre divisions du Corps canadien aux forces allemandes qui occupaient la région française. Les combats ont fait plus de 30 000 morts ou blessés, dont plus de 10 000 côté canadien.

Comme le rapporte le Musée canadien de la guerre : « La victoire de Vimy fut un événement fondateur pour le Canada. Nombre de contemporains et d’universitaires ultérieurs y ont vu un événement important dans l’évolution du Canada vers l’indépendance complète par rapport à la Grande-Bretagne. »

Richard Desjardins n’a pas accordé d’entrevue en vue de la diffusion de la chanson, qui est offerte uniquement en téléchargement numérique sur la plateforme iTunes. Il a néanmoins publié un communiqué afin d’expliquer sa démarche, sa perception de la bataille de Vimy et ce qui l’a inspiré à écrire cette chanson.

« Les dignitaires présents à Vimy prétendront que ce fait d’armes authentiquement canadien, nous aura définitivement affranchis du joug britannique et constitue de fait la véritable naissance de notre nation. L’idée qu’une tuerie programmée soit à l’origine d’une naissance nationale peut ne pas être partagée par tous, à commencer par le soldat canadien qui écrit à sa femme, à la veille de l’assaut. »

C’est donc à travers les mots du soldat du passé que Desjardins s’exprime. Les adversaires du narrateur de la chanson lui sont inconnus, ils viennent d’un autre pays et ils parlent une autre langue. Pourtant, il ne peut s’empêcher de voir en face de lui des semblables.

« Quelqu’un que j’connais pas avec/une rivière un moulin/avec une femme comme toi/qui chérit aussi bien/demain j’vas l’tuer pour rien. »

S’il existe des chansons aux propos universels qui s’adressent à toutes les races et à toutes les générations, Vimy peut être vraisemblablement vue comme une dénonciation de toutes les horribles guerres qui ont marqué l’humanité.

Il n’y a, en effet, aucun élément factuel ou temporel dans le texte qui indique qu’il s’agisse précisément de cette bataille ou même que l’on parle du conflit mondial désigné sous le terme de la « Grande Guerre ». Seul le titre nous met en contexte.

La musique, qui provient des ivoires, repose sur un tempo lent. Le ton de cette lettre d’amour atypique est à la fois dramatique et résigné. Le soldat a peur et il l’évoque : « Au moins qu’on m’épargne/la frayeur/de croiser son regard. »

Le narrateur songe aussi à sa femme, qu’il ne reverra peut-être plus - « T’offriras ta beauté/ à mon frère qui la voulait aussi » -, mais aussi à la perception des gens par rapport à lui. Selon Desjardins, cette dernière ne sera pas la même s’il revient au pays mort ou vivant.

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