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Romeo Saganash et deux aînés rouvrent les audiences de la Commission Viens à Val-d'Or

À Val-d'Or, la Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics reprend ses audiences pour trois semaines. Le député d'Abitibi-Baie-James-Nunavik Eeyou, Roméo Saganash, témoignera aujourd'hui. Le témoignage le plus attendu sera cependant celui de la Sûreté du Québec qui aura lieu demain.

Un texte d'Émélie Rivard-Boudreau

Les attentes envers cette commission mise en place par le gouvernement provincial sont encore grandes de la part des Premières Nations du Québec.

Roméo Saganash demeure, lui, convaincu que la commission présidée par le juge Jacques Viens demeure pertinente. Lors de sa présence, c'est en son nom personnel plutôt qu'en tant qu'élu qu'il entend témoigner. « Le parcours de Roméo Saganash est quand même très indicatif du parcours que nous avons tous vécu, uniquement parce que nous étions Autochtones au pays », indique-t-il.

La parole des aînés... sans traduction

Après une cérémonie d'ouverture célébrée par Oscar Kistabish, président du Centre d'amitié autochtone de Val-d'Or, deux aînés se feront aussi entendre aujourd'hui, dont Omer Saint-Onge de la communauté d’Ushat Mak Mani-utenam.

Selon Richard Kistabish, un Anishnabe originaire de Pikogan, l'absence de traducteur en langue autochtone empêche certains aînés de témoigner. « L'autre jour, j'étais assis avec des aînés et je leur ai montré ce qui se passe à la commission. La première réaction que j'ai eue c'est « je ne comprends absolument rien! Ils devraient offrir la traduction pour qu'on puisse nous autres aussi participer à cette commission-là ». Mais il n'y en a pas. C'est pourtant une opportunité qu'eux aussi nous écoutent parler dans notre langue », raconte-t-il.

Le procureur en chef de la Commission d'enquête, Christian Leblanc, assure que la traduction simultanée est fournie sur demande lorsque la Commission se rend dans les communautés.

Il dit aussi que si des membres des Premières Nations veulent témoigner dans leur langue lors des auditions, la traduction peut être demandée dans les cas spécifiques. Il explique néanmoins que la logistique, ainsi que le manque de ressources financières et humaines empêchent d'offrir systématiquement la traduction.« Évidemment, on ne peut pas offrir la traduction simultanée dans une langue autochtone et ne pas l'offrir dans l'autre, alors qu'on l'offre déjà en anglais et français », répond-il.

À surveiller

Un représentant de la Sûreté du Québec sera présent mardi. Il s'agira du Capitaine Patrick Marchand, responsable du Bureau des affaires autochtones de la SQ.

L'anthropologue Serge Bouchard et la directrice générale d'Amnistie internationale pour le Canada francophone, Béatrice Vaugrante, feront aussi partie des témoins dans la semaine du 25 septembre.

Après ces trois semaines, une pause de deux semaines est prévue au calendrier. Les témoignages reprendront ensuite pour deux autres semaines.

Rappelons aussi qu'en parallèle de ces audiences, des enquêteurs sillonnent la province pour écouter des histoires vécues par des Autochtones dans les services publics visés par l'enquête, soit les services policiers, correctionnels, de justice, de santé et les services sociaux ainsi que de protection de la jeunesse. Cette démarche a été entamée au courant de l'été.

Le but de la commission d'enquête n'est pas de faire la lumière sur des cas précis, mais plutôt de faire un portrait global de la relation entre les Autochtones et ces services, pour ensuite émettre des recommandations au gouvernement sur la question.

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