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Rouyn-Noranda : des règlements municipaux iraient à l'encontre la liberté d'expression et du droit de manifester

Certains règlements municipaux de villes d'Abitibi-Témiscamingue vont à l'encontre des principes de la liberté d'expression et du droit de manifester. De passage à Rouyn-Noranda, l'avocat militant à la Ligue des droits et libertés, Denis Barrette, est venu présenter le dernier rapport de son organisme, qui traite du droit de manifester, du profilage et de la répression politique au Québec.

Avec les informations d'Angie Landry

Interdit de porter des déguisements sur la place publique

M. Barrette dénonce entre autres le fait que plusieurs municipalités de la région imposent des conditions lourdes et parfois vagues aux groupes qui souhaitent faire valoir leurs droits. « On impose aussi certaines restrictions importantes, liées à la liberté d'expression, dont à Rouyn-Noranda, l'interdiction d'utiliser les colonnes « Morris » pour afficher un événement à caractère politique, dont l'interdiction de tout déguisement sur la place publique, sauf certaines exceptions telles que la fête de l'Halloween, la vente-trottoir ou la Fête d'Hiver », note-t-il.

Le maire de Rouyn-Noranda, Mario Provencher, défend la réglementation de sa municipalité. Il explique que ces règlements sont en vigueur depuis une vingtaine d'années et qu'ils n'existent aucunement pour brimer la liberté d'expression de sa population.

« Quand on demande aux gens de ne pas aller dans la rue, c'est une question de sécurité pour être certain qu'il n'y ait pas un citoyen ou un manifestant qui, malheureusement, se ferait happer par un véhicule automobile, explique le maire. C'est toujours une question de sécurité. Moi je pense que quand on parle de brimer la liberté, il faut y penser. Oui le manifestant, on va toujours [l'accepter] - mais de mémoire je ne me souviens pas qu'on ait refusé - mais il faut penser qu'il y a des gens qui vont au travail, il y a des gens qui circulent par là. »

« Un étau se resserre sur notre droit de manifester »

L'agent sociopolitique au Regroupement d'éducation populaire de l'Abitibi-Témiscamingue (REPAT), Danick Laporte, a toutefois souligné qu'il s'avère de plus en plus difficile dans la région d'exercer son droit de manifester sans entraves. En mai 2015, trois personnes ont été arrêtées pendant des manifestations organisées pour dénoncer les mesures d'austérité du gouvernement provincial.

« Depuis plusieurs années, on sent qu'il y a un étau qui se resserre sur notre droit de manifester, notre liberté d'expression. On nous exige de demander des permis pour manifester. Ces permis-là ont toujours été octroyés sans trop de problèmes, mais depuis quand même un certain temps, on sent que les contraintes deviennent de plus en plus exigeantes », soutient Danick Laporte.

Le Regroupement d'éducation populaire de l'Abitibi-Témiscamingue organise d'ailleurs le Rassemblement des superhéros à la Place de la citoyenneté de Rouyn-Noranda le 29 avril prochain pour sensibiliser la population sur le droit de manifester.

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