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Scandale Facebook : Cambridge Analytica a accédé aux données de plus de 600 000 Canadiens

Le groupe Facebook a revu mercredi à la hausse, à quelque 87 millions, le nombre de ses utilisateurs dont les données ont été récupérées à leur insu par la firme Cambridge Analytica. Si la vaste majorité d'entre eux sont des Américains, un peu plus de 622 000 seraient des Canadiens.

« Au total, nous pensons que les informations Facebook de jusqu'à 87 millions d'utilisateurs - la plupart aux États-Unis - ont pu être partagées de façon indue avec Cambridge Analytica », a écrit le groupe, qui évoquait jusque-là environ 50 millions d'usagers touchés.

Parmi ces 87 millions d'utilisateurs touchés, moins de 1 %, soit 0,7 %, seraient des Canadiens, indique le réseau social. Par ailleurs, 82 % seraient des Américains.

À Ottawa, le président du Conseil du Trésor, Scott Brison, s’est dit profondément préoccupé par ces chiffres et a affirmé vouloir aller plus loin dans l’enquête lancée à ce sujet par le commissaire à la protection de la vie privée.

« Lui et moi avons communiqué avec Facebook, et je m'attends à ce que [cette dernière] collabore pleinement à l'enquête du commissaire. Alors que Facebook a commencé à prendre des mesures initiales pour résoudre ces problèmes, il est clair que beaucoup plus doit être fait », a-t-il affirmé par courriel.

Ces nouvelles données ont été relayées sur un blogue de la société par le chef de la technologie, Mike Schroepfer, dans lequel il a aussi indiqué que Facebook comptait avertir chaque usager dont les données personnelles ont été partagées avec Cambridge Analytica, et ce, à partir de la semaine prochaine.

Mike Schroepfer en a également profité pour évoquer de nouveau les mesures prises par Facebook en vue de restreindre les données personnelles auxquelles peuvent accéder les développeurs d'applications tierces, mesures qui avaient déjà été annoncées la semaine dernière.

Dès ce 4 avril, Facebook procédera à la vérification de toutes les applications demandant l'accès à des données d'utilisateurs comme les photos, les vidéos et les publications de commentaires, a-t-il rappelé.

Le réseau social affirme aussi qu'il n'autorisera plus les applications à accéder aux données personnelles concernant notamment les préférences politiques, la religion, les relations personnelles, l'historique de formation et de travail et la lecture de nouvelles.

De plus, Facebook n'autorisera plus les applications à accéder à la liste des gens qui assistent à un événement ou qui se joignent à un groupe.

Facebook veut également enlever la possibilité aux usagers d'en chercher d'autres grâce à leur numéro de téléphone ou leur adresse courriel.

Selon Mike Schroepfer, l'entreprise compte faire plus de changements d'ici les prochains mois, mais il n'a pas donné plus de détails.

Pas plus de 30 millions d’usagers touchés, selon Cambridge Analytica

Cambridge Analytica conteste par ailleurs le nombre revu à la hausse d’usagers Facebook dont les données ont été indûment récupérées.

La firme d’analyse de données indique qu’elle a reçu des informations sur 30 millions d’utilisateurs Facebook, tout au plus, de l'entreprise Global Science Research (GSR). Celle-ci a été créée par le chercheur Aleksandr Kogan en marge de ses recherches à l’Université de Cambridge.

« Nous n’en avons pas reçu davantage », a-t-elle indiqué par communiqué.

« Les données obtenues par GSR n’ont pas été utilisées pendant l’élection présidentielle américaine », se défend aussi Cambridge Analytica.

Mark Zuckerberg admet ses erreurs

En conférence de presse téléphonique, en après-midi, le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, a admis que son entreprise avait commis de « graves erreurs » et que Facebook devait s'assurer, sans les croire sur parole, que les développeurs d'application suivaient bien les règles.

Aux journalistes qui lui ont demandé s'il était toujours la bonne personne pour diriger Facebook, il a répondu « oui », « malgré les erreurs ».

« Je pense que la vie, c'est apprendre des erreurs », a aussi estimé M. Zuckerberg avant de prendre l'engagement de « faire mieux à l'avenir », même si « aucune mesure de sécurité ne sera parfaite ».

« Nous devons avoir une vue plus large de notre responsabilité », a-t-il conclu.

Le groupe Facebook est accusé de laxisme dans la protection des données de ses utilisateurs après avoir admis qu'un cabinet de conseil politique, Cambridge Analytica, avait récupéré de manière détournée les données personnelles de plusieurs dizaines de millions d'utilisateurs.

Le scandale, déclenché le 17 mars par un lanceur d'alerte, s'est traduit par une baisse de près de 16 % du cours de l'action de Facebook et, donc, par l'effacement de plus de 100 milliards de dollars américains de sa valeur en bourse.

Mark Zuckerberg comparaîtra le 11 avril devant la commission de l'Énergie et du Commerce de la Chambre des représentants au sujet de cette affaire, a annoncé mercredi cette commission.

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