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Semaine de la santé : la méthode cétogène selon Josey Arsenault

Toute la semaine, à Des matins en or, on aborde différents types d'alimentation. Aujourd'hui, on aborde la méthode cétogène, qui consiste à se concentrer sur les lipides, avec Josey Arsenault.

Josey Arsenault est coauteure du livre Perdre du poids en mangeant du gras. L'alimentation cétogène est très pauvre en glucides (sucres) et riche en matières grasses.

« On dirait que les gens sont très surpris par cette méthode-là, comme si c'était quelque chose de nouveau, mais je tiens à mentionner que ça existe depuis vraiment longtemps, précise Josey Arsenault. Déjà, en 1920, on soignait les enfants qui avaient le diabète avec cette alimentation-là. Même encore aujourd'hui, comme à l'hôpital Sainte-Justine, il y a un département d'alimentation cétogène pour aider les jeunes qui ont des problèmes d'épilepsie. »

Désapprendre l'alimentation

Pour adopter la méthode cétogène, il faut d'abord changer sa vision de l'alimentation telle qu'on nous l'a présentée toute notre vie, selon Josey Arsenault. « Même moi quand j'ai commencé cette alimentation-là, je me disais "Je vais exploser, ça n'a pas de bon sens! Manger du fromage, manger du bacon!", raconte Josey Arsenault. Mais on peut choisir ses gras. »

En effet, certaines personnes qui ont adopté cette alimentation choisissent de ne pas manger de charcuteries ou de bacon, mais plutôt d'opter pour les bons gras des avocats, du maquereau, du saumon, etc.

Celle qui a coécrit le livre en compagnie de la docteure Èvelyne Bourdua-Roy affirme que les tests sanguins des patients de cette dernière n'ont montré aucun signe de cholestérol.

À faire progressivement

Josey Arsenault est claire : adopter l'alimentation cétogène ne montre pas de changements à court terme. « J'ai vu une nutritionniste qui s'est dit "je vais l'essayer pour voir ce que ça donne en 10 jours". Malheureusement, après 10 jours, ce n'est pas le temps d'arrêter. Au début, notre corps doit s'adapter, parce qu'habituellement, en moyenne, les Québécois consomment de 300 à 500 glucides dans une journée. Nous, on baisse ça vraiment au minimum. »

Ainsi, le corps, plutôt que de convertir les glucides en glucose, tombera dans un état métabolique de cétose. « On va s'alimenter avec le gras et c'est des cétones qu'on va produire, ajoute Josey Arsenault. Imaginez-vous le renversement dans notre métabolisme. Au début, il y a une petite période d'adaptation; notre haleine change, on voit également des petits symptomes de grippe. Après environ deux semaines, on commence à sentir l'énergie, à sentir vraiment les bienfaits de cette alimentation-là. »

Les aliments

Oubliez les pâtes, le pain à base de farine, le riz et les pommes de terre, tous riches en glucides. Beurre, crème, huile d'olive, huile de coco, noix et poissons gras prendront leur place dans votre assiette.

L'auteure, qui dirige aussi le site web vivelebacon.com, reçoit tous les jours des témoignages. « Des gens qui souffrent de diabète de type 2, qui ont commencé l'alimentation et en quelques mois, ils ne prennent plus de médicaments. Leur métabolisme a changé. C'est bon également pour les douleurs chroniques, il y a des effets thérapeutiques pour l'épilepsie aussi, donc c'est très encourageant de voir que la science s'intéresse à cette alimentation-là. »

Josey Arsenault n'a pas complètement coupé les fruits de son alimentation, mais se concentre sur les petits fruits faibles en glucides, commes les fraises, les framboises, les mûres ou les bleuets. Elle évite de manger des carottes cuites sur une base régulière, mais s'en donne à coeur joie dans les légumes verts et se permet des tomates à l'occasion.

Une méthode controversée

Les adeptes d'alimentation cétogène sont conscients que leur méthode ne fait pas l'unanimité auprès du public. « On dirait que ça choque les gens, avoue Josey Arsenault. Soit on aime, soit ça choque. En 2016, le New York Times a sorti une information choc : on s'est rendu compte que l'association américaine du sucre avait payé des scientifiques dans les années 60 pour dire que le gras c'était le méchant dans notre alimentation et que le sucre n'affectait pas tant que ça les maladies cardiovasculaires. Le guide alimentaire américain s'est basé sur ces informations-là. On s'est tellement fait dire pendant toute notre vie, pendant les cinq dernières décennies, que le gras n'était pas bon, qu'on ne sait plus qui croire », relate Josey Arsenault.

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