Cette semaine à Des matins en or, l'alimentation est à l'honneur.

Quatre méthodes d'alimentation sont décortiquées pour nous aider à faire de meilleurs choix.

Végétarisme, végétalisme, méthode cétogène et crudivorisme sont sous la loupe cette semaine.

Aujourd'hui, on aborde la méthode d'alimentation alternative la plus connue, le végétarisme, avec le Dr Martin Juneau, qui a fait ce choix dans le début des années 80.

Il a adopté ce type d'alimentation autour de 1985, alors qu'il étudiait à l'Université de Stanford, en Californie.

Il souligne que selon toutes le études sur l'alimentation et les maladies cardiovasculaires, qui sont sa spécialité, une alimentation où l'apport en graisses saturées provenant des viandes rouges et des charcuteries est réduit diminue les chances d'accidents cardiaques ou vasculaires-cérébraux.

« Quand vous regardez les études où les gens sont vraiment végétariens ou végétaliens, on voit encore une amélioration dans l'incidence de plusieurs maladies, dont plusieurs cancers. Alors, c'est pas mal tentant quand on voit ces chiffres-là et quand on pratique comme moi en cardiologie, où on voit des cardiaques à tous les jours qui mangent à la façon nord-amércaine », confie-t-il.

Il recommande à certains patients d'adopter le végétarisme comme mode de vie. « L'exemple classique, c'est quelqu'un qui a subi trois pontages et qui me dit qu'il ne veut pas être réopéré dans 10 ans. Je leur dis "évidemment, on contrôle les facteurs de risques, cholestérol, diabète, etc., mais si vous ne voulez vraiment pas être réopéré, je vous suggère de devenir végétarien ou même végétalien", c'est-à-dire aucune protéine animale. »

Notre système peut-il digérer les viandes?

Selon Dr Juneau, il est exagéré d'affirmer que notre système n'est pas adapté à la viande. Toutefois, il faudrait cesser de considérer la viande comme étant l'élément principal de notre assiette.

« Quand on regarde les populations où on a le plus grand nombre de centenaires en bonne santé [...], on voit que c'est des gens qui mangent de la viande, mais très peu. La viande est comme un condiment. Par exemple, ils vont faire un couscous ou un riz de grains entiers, et ils vont ajouter des petits cubes d'agneau pour donner du goût. Ce n'est pas le gros carré d'agneau avec des patates à côté », image-t-il.

Il suggère donc de diminuer les protéines animales et de remplacer un repas de viande par un repas de légumineuses régulièrement. « Ce n'est pas vrai que la viande est absolument indispensable pour les protéines, on peut les trouver dans le règne végétal », indique-t-il.

Dr Juneau recommande à ceux qui voudraient se tourner vers le végétarisme à commencer progressivement, d'abord en enlevant un repas de viande de temps à autre et en le remplaçant par des légumineuses. « Il faut s'informer. Le mieux, c'est de voir un nutritionniste pour s'assurer de ne pas avoir de carences, par exemple le calcium, le fer, la vitamine B12 », suggère-t-il. La plupart de ces nutriments se retrouvent dans le règne végétal, à l'exception de la vitamine B12, qu'il faut alors prendre en supplément si on ne consomme aucun produit laitier (végétalisme).

Un projet de société?

Lorsque questionné par Félix B. Desfossés à savoir si la société deviendra un jour complètement végétarienne, le Dr Juneau croit que c'est une possibilité. « Au-delà de la santé, c'est bien documenté que les émissions de gaz à effets de serre par l'élevage produisent plus de gaz que le pétrole. C'est pour ça que plusieurs personnes se tournent maintenant vers une alimentation végétarienne et végétalienne, par souci environnemental. C'est le cas de beaucoup de jeunes », fait remarquer Dr Juneau.

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