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Solidarité internationale : y a-t-il trop peu de bonnes nouvelles dans nos médias?

La projection du film N'ap vanse n'ap vanse, la société civile comme force de changement a donné le coup d'envoi des Journées québécoises de la solidarité internationale (JQSI) en Abitibi-Témiscamingue mercredi soir au campus de Rouyn-Noranda du Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue, histoire de mettre la table pour de la 20e édition de cette initiative de l'Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI) qui s'intéresse cette année au rôle des médias dans la compréhension des enjeux internationaux.

Un texte d'Émilie Parent-Bouchard

Dans la région, ces journées sont organisées par le Centre de solidarité internationale Corcovado. La directrice de cet organisme actif depuis 32 ans explique que le choix de la thématique a été décidé dans la foulée des attentats de Ouagadougou, qui ont coûté la vie à six coopérants québécois, et ont surtout relancé le débat public sur la sécurité des travailleurs humanitaires.

Selon Marilou Villeneuve, il n'est pas question de pointer les médias du doigt. Mais plutôt de réfléchir à la manière de mettre en lumière les retombées positives des initiatives de solidarité internationale, voir des initiatives des populations locales, qui reçoivent pourtant peu d'attention médiatique en comparaison avec les catastrophes.

Pour plus de bonnes nouvelles dans nos médias!

Elle cite notamment le cas du tremblement de terre en Haïti, la nouvelle la plus médiatisée au Canada en 2010 selon le bilan annuel de l'actualité d'Influence Communication. Un projecteur auquel n'ont pas eu droit les trois initiatives de la société civile présentées dans le documentaire d'André Vanasse en ouverture de la programmation abitibienne des JQSI. 

« La perception de la population, c'est souvent : ''on a donc de la pitié, on trouve donc que ces gens-là mangent de la misère'', illustre-t-elle. On ne voit pas assez l'autre côté, tous les efforts, tous les peuples en marche et c'est pour ça qu'on aimerait présenter ça pendant les 20e JQSI, mettre vraiment le positif à l'avant. »

Parce que chaque petit geste compte

L'enseignante en travail social Johanne Desaulniers, qui a fait des séjours de coopération au Burkina Faso et au Guatemala, et l'étudiant en foresterie Paul Jimmy Audate, originaire d'Haïti, abondent tous deux dans le même sens. Selon eux, les petites contributions réalisées à travers des organisations de proximité comme Corcovado et même les gestes posés ici peuvent aussi avoir de grandes répercussions dans les pays en voie de développement.

« Il y a plein de choses qu'on peut faire sans bouger d'ici dans notre façon de consommer, dans la façon d'être moins matérialistes parce que ça a plein d'impacts là-bas, fait valoir Mme Desaulniers, avant d'ajouter qu'il y a matière à réflexion quant à l'impact que le prix d'un billet d'avion de coopérant peut avoir dans un pays en voie de développement.

Pour avoir vu la « coopération à l'oeuvre » dans son pays d'origine, Paul Jimmy Audate conclut pour sa part que ce sont ces petits gestes qui ont un impact dans le quotidien. « Surtout des petits groupes comme ça, ils font plus d'actions concrètes que les grosses organisations, témoigne-t-il. Ces petites organisations-là, ça passe à l'action, ça fait des choses concrètes qui ont des retombées qui peuvent faire un développement réel dans la société haïtienne. »

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