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Sols contaminés : l'argent accordé par Québec sera-t-il suffisant?

Les propriétaires de 63 terrains contaminés de la région pourraient bénéficier d'une part des 175 millions de dollars sur cinq ans annoncés, cette semaine, par le gouvernement pour décontaminer ces terrains.

Un texte d'Émélie Parent-Bouchard

ClimatSol-Plus

Le ministre de l'Environnement, David Heurtel, a annoncé que de cette somme, 55 millions de dollars vont permettre aux municipalités et aux propriétaires privés de recevoir des subventions du gouvernement à travers le programme ClimatSol-Plus. Une autre tranche de 120 millions de dollars servira à décontaminer des terrains appartenant à l'État.

Des retombées économiques à prévoir

Les élus de la région voient cette annonce d'un bon oeil, mais demeurent prudents quant à l'accès aux fonds. La MRC Vallée-de-l'Or compte à elle seule le tiers des terrains contaminés de la région, avec 21 sites. Ces sites sont pour la majorité d'anciennes stations-service, des dépanneurs ou des garages.

Comme l'Union des municipalités du Québec (UMQ), le préfet de la MRC, Pierre Corbeil, est d'avis que la porte ouverte par le gouvernement pour le financement de leur décontamination est une opportunité de développement économique. « Par rapport aux anciennes façons de faire ou une méconnaissance dans le secteur de la distribution des produits pétroliers, il y a des endroits qui ont été contaminés et ces zones-là sont laissées à l'abandon. [...] Je pense que ça va potentiellement permettre de désembourber des secteurs où le développement était paralysé », soutient-il.

« Dans l'exercice de décontamination des sols, il y a toujours un peu de retombées économiques, ajoute le maire Corbeil, mais c'est surtout de permettre de la construction selon les niveaux de décontamination qui sont requis, que ce soit du secteur commercial, du secteur résidentiel. C'est bienvenu, c'est sûr que ça va donner un coup de pouce et ça va permettre de nettoyer des secteurs et de relancer l'occupation plus dynamique du territoire. »

Un montant suffisant?

Même son de cloche à Rouyn-Noranda, où seulement sur l'avenue Larivière, le maire Mario Provencher compte au moins trois terrains contaminés avec un potentiel commercial. Il ajoute que la région a aussi la particularité d'avoir connu une importante pollution industrielle dans le passé.

« On sait qu'on vit une particularité, une grande partie de l'Abitibi-Témiscamingue, nos sols ont été contaminés par des matières en suspension, de la contamination qui vient du Michigan, qui vient de Sudbury qui sont tombées sur nos territoires, souligne-t-il. Ici à Rouyn, la Fonderie... Il faut voir si ça, ça va rentrer dans le projet de décontamination. Il est certain qu'on en a à Rouyn-Noranda, même plusieurs, mais on n'est pas les seuls au Québec. Le montant, ce n'est pas énorme quand on sait qu'on a fait la décontamination dans le coin d'ADL et que ça a monté au-dessus de 1,2 million », rappelle le maire Provencher.

À l'échelle de la province, le programme précédent qui était en place de 2007 à 2015, ClimatSol, a permis de soutenir 265 projets de décontamination, pour une superficie équivalente à 295 terrains de football. Pour un investissement de 60 millions de dollars, on estime que ces décontaminations ont généré des investissements de 1,6 milliard de dollars.

Peu de terrains miniers considérés comme contaminés

Le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques répertorie seulement cinq terrains contaminés en lien avec des activités minières. Il faut cependant distinguer cette liste de celle des sites miniers abandonnés du ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles, qui répertorie 43 sites en cours de restauration ou dont la restauration est à venir en Abitibi-Témiscamingue.

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