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Son dossier est consulté 45 fois par des policiers, après une plainte contre un agent de Val-d'Or

Le sergent-détective du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Jacques Turcot, qui a enquêté sur certaines allégations des femmes autochtones de Val-d'Or, a témoigné aujourd'hui à la Commission Viens.

Avec les informations de Thomas Deshaies

Il a présenté en détail son processus d'enquête pour l'un des dossiers concernant les plaintes d'abus de pouvoir contre des policiers de la Sûreté du Québec. Celui-ci concernait un possible usage excessif de la force et du harcèlement.

Le sergent-détective Jacques Turcot a raconté en détail l'histoire d'une présumée victime, dont l'identité n'a pas été dévoilée lors de l'audience.

Il s'agit d'une femme autochtone qui soutient avoir été arrêtée brutalement par des policiers de Val-d'Or en 2014, uniquement en raison de ses propos injurieux. Elle aurait été sortie d'un véhicule de force, allongée au sol et l'un des agents aurait écrasé sa tête au sol avec sa botte.

Les policiers ont déclaré aux enquêteurs avoir été contraints de faire usage de la force, mais ont nié avoir écrasé la tête de la femme, a expliqué M. Turcot. La plaignante ne se trouvait pas en état d'arrestation et les policiers voulaient lui remettre un constat d'infraction pour ses propos exprimés alors qu'elle était en colère contre le travail des policiers.

Victime de représailles en raison de sa plainte?

Après l'événement, la plaignante affirme avoir été harcelée par les policiers, tel que le rapporte l'enquêteur. « Moi, mon opinion, c'est que j'étais victime de harcèlement à la suite de l'événement avec l'agent », a cité M. Turcot, de la déclaration de la dame.

Le sergent-détective a expliqué avoir constaté en consultant les données du Centre de renseignement des policiers du Québec que le dossier de la présumée victime aurait été consulté à 45 reprises durant les 14 mois qui ont suivi l'événement, dont 14 fois par les trois mêmes policiers de Val-d'Or.

« Il y a eu aussi une vérification pour les 14 mois précédents cette période. Pour les 14 mois avant mars 2014, la dame avait été enquêté à 16 reprises », a-t-il précisé. Le procureur de la commission d'enquête a souligné l'augmentation du nombre de consultations du dossier de la plaignante après l'événement.

Une centaine de photos pour l'identification

La procureure de l'organisme Femmes autochtones du Québec ainsi que le commissaire Jacques Viens ont questionné le détective sur le processus d'identification utilisé.

109 photos ont été présentées à la présumée victime, ce qui a soulevé l'étonnement du commissaire Jacques Viens. « Aviez-vous besoin d'avoir 109 photos quand vous savez qu'ils étaient 4 ce soir-là », s'est-il exclamé.

Le détective a expliqué que cette situation pourrait s'expliquer en raison du grand nombre d'enquêtes qui avaient lieu en même temps concernant des policiers de Val-d'Or. Les photos de tous les policiers ayant travaillé au poste sur une période de trois ans ont donc été mises sur un seul DVD. Son explication n'a pas semblé satisfaire le commissaire Viens, ainsi que la procureure de Femmes autochtones du Québec.

Rappelons qu'aucune accusation n'a été déposée par le Directeur des poursuites criminelles et pénales dans ce dossier.

La Sûreté du Québec n'a pas souhaité commenter le témoignage, puisque l'organisation a pour directive de ne pas émettre de commentaires sur les travaux de la commission d'enquête.

Victime de discrimination au quotidien

Plusieurs dossiers ont été traités à huis clos vendredi, puisqu'ils concernaient les Services de la protection de la jeunesse.

Deux citoyens, Daniel Robert et Pauline Diamond ont témoigné en fin de journée sur la discrimination qu'ils vivent au quotidien.

Ils ont expliqué se faire interpeller régulièrement par les policiers pour des contrôles « de routine ». Ils ont raconté qu'on leur demanderait également trop souvent de passer des alcotests, sans motif valable selon eux.

Il s'agissait de la dernière journée des audiences à la Commission Viens qui se poursuivra la semaine prochaine à Mistissini dans le Nord-du-Québec. Les audiences reprendront ensuite à Val-d'Or le 13 août prochain.

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