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Soulagement pour les femmes autochtones de Val-d'Or

La création de la commission d'enquête « Écoute, réconciliation et progrès », qui doit se pencher sur les relations entre les autochtones et différentes institutions publiques est bien accueillie à Val-d'Or.

Des femmes autochtones se sont d'ailleurs réunies au Centre d'amitié autochtone cet après-midi pour écouter l'annonce du premier ministre Philippe Couillard.

La directrice générale, Édith Cloutier, explique qu'après la douche froide engendrée par la décision du Directeur des poursuites et criminelles et pénales de ne pas porter d'accusations à la suite d'allégations d'abus policiers à l'endroit de femmes autochtones, l'heure est maintenant à la célébration.

C'est une annonce qui dépasse nos attentes.

Édith Cloutier, directrice du Centre d'amitié autochtone de Val-d'Or

« On constate que le mandat va être plus large que les relations [entre Autochtones] et policiers. On va se pencher sur toute cette question sensible et délicate du racisme systémique et qui va aussi aborder le rôle des services publics, notamment la protection de la jeunesse. Donc oui on se réjouit cet après-midi, on savoure le moment », commente Édith Cloutier.

Édith Cloutier salue aussi la sensibilité du gouvernement d'avoir intégré la possibilité de recueillir des témoignages à huis clos.

« On se le disait, on avait l'impression de marcher dans un long tunnel noir et maintenant cette lueur apparaît. Donc oui, maintenant on est tournées vers l'avenir. On comprend que la commission siègera à Val-d'Or et puis on se réjouit et on sera prêtes. On sera là comme on a toujours été là avec les femmes, de les accompagner et de les soutenir dans cette démarche », souligne-t-elle.

Réactions des femmes autochtones

Les femmes autochtones applaudissent l'annonce du Premier ministre Philippe Couillard. Elles étaient réunies au Centre d'amitié autochtone de Val-d'Or, pour vivre ensemble ce moment qu'elles qualifient d'historique.

Les femmes impliquées dans la démarche de dénonciations ont reçu la nouvelle avec beaucoup d'émotions.

Je suis très heureuse. On est toutes contentes. J'aimerais que ça change à partir d'aujourd'hui, que ça change.

Une femme autochtone de Val-d'Or

Je suis vraiment fière du ministre. Il a pris pour les femmes et le futur de nos petits-enfants et arrières-petits-enfants. Moi, je vais me promener en paix, faire la paix avec les policiers, pardonner.

Une femme autochtone de Val-d'Or

L'organisme Assaut sexuel secours se réjouit aussi de l'annonce de cette Commission d'enquête. L'intervenante, Judy Lafontaine, affirme que l'organisme sera présent pour les femmes tout au long de la prochaine année, qui pourrait être difficile pour certaines.

« On va toujours être là quand les femmes vont en avoir besoin. On va les soutenir dans leur démarche du début à la fin. On est toujours avec elles dans la reprise de pouvoir sur leur vie et ça en fait partie. Donc, on va continuer avec celles qui ont besoin de nos services, ça c'est sûr », affirme-t-elle.

Ghislain Picard souligne la mobilisation

Le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, se réjouit de la tenue de cette enquête.

Il a remercié tous ceux qui ont demandé avec acharnement cette enquête indépendante, les organisations, les maires, les politiciens, particulièrement la députée de Québec solidaire Manon Massé, les chefs autochtones, mais surtout les femmes autochtones, elles-mêmes.

La Sûreté du Québec ne fera pas de commentaires sur la commission d'enquête, mais elle affirme avoir pris connaissance de l'annonce et qu'elle a l'intention de collaborer.

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