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Syndrome de Raynaud : la cause de deux mécaniciens de Westwood portée en appel par Iamgold

L'entreprise Iamgold s'adresse au tribunal dans l'espoir de faire renverser une décision du Tribunal administratif du travail, dans le dossier de deux mécaniciens de la mine Westwood, à Preissac, en Abitibi, qui avaient réussi à faire reconnaître le syndrome de Raynaud comme une maladie professionnelle.

Le 21 mars dernier, le commissaire du Tribunal administratif du travail, Michel Moreau, reconnaissait qu'il y avait un lien entre le travail de deux mécaniciens et ce syndrome qui se manifeste par une décoloration des mains, par une mauvaise circulation sanguine et par des symptômes neurologiques comme l'engourdissement des mains. La requête en révision soumise par l'avocate de la mine Westwood d'Iamgold pour renverser cette décision s'appuie sur quatre arguments.

Des réclamations présentées au-delà du délai prescrit par la loi

Elle allègue premièrement que « les réclamations CSST des deux employés ont été déposées en dehors du délai de 6 mois prévu à l'article 272 de la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles, ce qui aurait permis aux deux employés d'atteindre l'âge de 55 ans et de pouvoir réclamer des indemnités plus généreuses ». Elle qualifie aussi la décision du commissaire d'« irrationnelle, considérant que 10 à 15 % de la population normale peut être atteinte de la maladie de Raynaud ».

Le deuxième argument concerne un rapport d'ergonome soumis au tribunal. Selon la minière, cette étude « ne répond pas aux critères d'objectivité, de professionnalisme et de pertinence », notamment parce que l'étude n'est basée sur « aucune mesure de vibrations », ni « visite des lieux », écrit-on.

Suivi médical refusé par un employé

On ajoute troisièmement que l'un des deux travailleurs concernés a refusé un suivi médical, suivi qui était recommandé par son médecin comme par celui de son employeur. « Le comportement d'Yvan Aumond aurait ainsi privé l'employeur d'une preuve complète et pertinente », le privant conséquemment d'une « défense pleine et entière », peut-on lire.

Finalement, l'avocate d'Iamgold soutient que seulement deux mécaniciens sur plus d'une quarantaine qui sont employés à la mine Westwood avaient un diagnostic de syndrome de Raynaud. Elle s'interroge donc sur le lien réel entre cette maladie et les risques du métier.

Suite des procédures

Tant le syndicat qui représente les employés de la mine Westwood que la direction ont refusé d'émettre de plus amples commentaires sur le dossiers afin de ne pas compromettre les prodécures en cours. Les employés visés par la requête en révision ainsi que leur syndicat ont 30 jours pour y répondre, par écrit.

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