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Terres agricoles au Témiscamingue : vendre à ses proches ou à des étrangers?

Au Témiscamingue, la vente des terres agricoles à des non-résidents continue d'alimenter l'actualité. Le préfet Arnaud Warolin s'est même déplacé à Montréal la semaine dernière où il a rencontré les investisseurs qui ont acheté des terres.

Avec les informations de Boualem Hadjouti

Vendre à sa famille ou à des étrangers?

Le maire de Fugèreville, André Paquet, trouve exagérée la proportion que prend cette question, d'autant plus qu'il manque de la relève dans la région. Il dit qu'il va faire son possible pour vendre à ses proches, et s'il ne trouve pas preneur, il n'aura d'autres choix que de vendre à qui veut acheter.

André Paquet nuance toutefois sont point de vue. « Je demeure sur une ferme ancestrale, c'est-à-dire que c'est mon père et mon grand-père qui ont défriché ces terres-là, alors je vais faire tout ce que je peux pour vendre dans ma famille. Alors, si c'est impossible de vendre dans ma famille, est-ce que j'ai d'autres choix que de vendre à celui qui veut l'acheter et de me payer le prix que ça vaut? », se demande-t-il.

« Je n'ai aucune objection a des ventes, peu importe qu'ils viennent de la Chine ou du centre de la province, affirme-t-il. L'important c'est que les gens qui ont des terres à vendre ne trouvent pas preneurs dans le secteur. Les institutions prêteuses sont très frileuses à avancer de l'argent à des gens qui voudraient acheter ces terres-là. On n'a plus le choix, on est rendu à ce stade-là, si on ne vend pas à des intérêts extérieurs, on va revoir pousser les branches jusqu'au bord du chemin de ces terres-là. »

Une nouvelle vague d'immigration?

Le maire de Ville-Marie, qui lui-même fils d'un immigré qui a acheté une ferme au Témiscamingue, est du même avis. Selon Bernard Flebus, il y a beaucoup de terres au Témiscamingue qui ne sont plus cultivées depuis des années. « À l'époque, il y a des Hollandais qui venaient, des Allemands, beaucoup d'Européens et je n'ai pas connu un Québécois qui n'était pas content de vendre à très bon prix à des Européens, rappelle-t-il. Aujourd'hui, ce sont des Chinois, en plus qu'ils sont Canadiens, parce qu'il faut quasiment la nationalité Canadienne pour acheter des terres au Québec, alors je ne comprends pas qu'on diabolise ces gens-là. Moi, je vois tout le côté positif. Que, justement, des étrangers viennent se mêler aux Témiscamiens et redynamisent le côté agricole. »

D'autres maires qu'on a pu joindre n'ont pas souhaité se prononcer sur la question au micro, mais ils soutiennent que les agriculteurs ont le droit de vendre leurs terres à qui ils veulent.

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