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Un Abitibien parmi la crème du parachutisme de groupe au pays

Prendre sa retraite au début de la quarantaine pour faire le grand saut : voilà ce qu'a fait un homme de Rouyn-Noranda. Littéralement. Depuis le début des années 2000, Yves Morisset vit sa passion à fond de train alors qu'il effectue de 400 à 500 sauts de parachute par saison. Et il se spécialise dans la coordination de sauts de groupe. Rencontre avec un chorégraphe du ciel.

Un texte d'Émilie Parent-Bouchard d'après une entrevue Félix B. Desfossés

La passion du parachutisme d'Yves Morisset s'est développée à Rouyn-Noranda il y a près d'une vingtaine d'années. « La passion des airs m'est venue relativement jeune, explique l'amateur de sports extrêmes qui pratique aussi la planche à neige. Aimant l'eau, le vent, j'ai commencé à sauter en parachute à Rouyn-Noranda il y a 17 ou 18 ans. À travers les années, j'ai toujours sauté et il y a une quinzaine d'années, je m'y suis remis de façon plus [assidue]. »

Coordonner des sauts de groupe

Il coordonne aujourd'hui des sauts de groupes à titre d'instructeur professionnel chez Parachute Montréal, à Saint-Esprit. Jusqu'à une trentaine de personnes peuvent ainsi prendre place dans plusieurs avions pour se laisser tomber dans le vide en se regroupant selon des formes définies d'avance. La clé selon Yves Morisset pour réussir ce que l'on nomme le vol relatif, regrouper des sauteurs d'expérience égale.

« On peut le faire avec des novices, on peut le faire avec des avancés, mais aussi avec des gens plus experts, indique-t-il. Chaque saut va être chorégraphié. La dentelle, le patron de ce qu'on va faire, la position dans l'espace va être déterminée, on va faire des briefings au sol avec des aides visuelles, des tableaux, des petits bonhommes aimantés, on va montrer aux gens la chorégraphie à faire dans le ciel. On va aussi la marcher sur le terrain, on va se déplacer comme si on était en chute libre », explique-t-il, précisant que les sauteurs tombent d'une hauteur de 4000 à 4500 mètres pour une chute libre d'une durée de 60 à 70 secondes.

Au-delà de l'adrénaline, le plaisir du travail d'équipe

Les parachutistes peuvent ainsi atteindre une vitesse de 200 kilomètres-heure, avant de se distancer pour déployer leur parachute de manière sécuritaire. Au-delà de l'adrénaline que procure chaque saut, ces amants du ciel y trouvent aussi la camaraderie commune aux autres sports d'équipe.

« Il y a aussi tout le plaisir du travail de groupe, plaide-t-il, précisant que le Québec est la province où l'on compte le plus d'organisateurs de sauts de groupe, soit environ 60 % de la trentaine d'organisateurs répertoriés au pays, évalue-t-il. C'est un travail très précis, dans un temps très court. Ça demande énormément de coordination et énormément d'esprit d'équipe. Je pense que les gens qui s'adonnent au saut de masse, c'est ce travail fin où tout le monde travaille de façon douce et délicate en étant précis. Ça regroupe forcément des gens qui ont le goût du sport d'équipe. »

Développer la relève

Du haut de ses 58 ans, Yves Morisset espère humblement pouvoir continuer à développer la discipline du parachutisme sportif de groupe. Il souligne que le sport s'est développé surtout à partir des années 1950-1970 et qu'il faut désormais penser à développer la relève pour assurer la pérennité du sport.

« Notre but, c'est de se créer de la relève, ce qu'on fait tous les jours, on entraîne des gens, on entraîne des plus jeunes, explique-t-il. Il y a d'autres facettes du parachutisme qui se développent, dont le head down — où les parachutistes s'élancent vers le sol tête première — qui vont attirer les plus jeunes organisateurs. Mais dans notre groupe, il faut effectivement faire l'effort de passer au suivant, de passer notre expertise et s'assurer que cette discipline-là continue à évoluer. »

L'instructeur Yves Morisset prépare d'ailleurs une fin de semaine de démonstration la fin de semaine du 2 septembre, à Saint-Esprit.

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