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Un candidat conservateur « fantôme » dans Abitibi-Témiscamingue?

Le candidat conservateur dans la circonscription d'Abitibi-Témiscamingue, Benoît Fortin, ne prendra pas part au débat des candidats d'ICI Abitibi-Témiscamingue. Il y a une semaine, la MRC de Témiscamingue invitait les candidats à un débat et M. Fortin n'y était pas non plus. Sa candidature est connue depuis le 9 septembre, mais jusqu'à présent, il est absent sur le terrain. Où est Benoît Fortin?

Avec les informations de Boualem Hadjouti

Un candidat introuvable

L'équipe d'ICI Abitibi-Témiscamingue a tenté de joindre le candidat pour l'inviter à participer au débat des candidats de la circonscription présenté à 7 h 45, dans le cadre de l'émission Des matins en or. Mais les invitations sont demeurées lettre morte. À vrai dire, M. Fortin n'a répondu à aucun des courriels qui lui ont été envoyés par Radio-Canada depuis sa mise en candidature.

Le candidat n'a jusqu'à présent pas communiqué de numéro de téléphone où le joindre, ni au bureau du Parti conservateur à Ottawa ni sur le site d'Élections Canada. Son collègue Steven Hébert, candidat conservateur dans Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou, n'a pas été en mesure d'aider aux recherches. Et M. Fortin n'a jusqu'à présent pas encore présenté d'équipe pour l'Abitibi-Témiscamingue.

À Rouyn-Noranda, quelques affiches électorales présentant le visage du candidat ont été installées. Mais au Témiscamingue, le candidat est carrément invisible.

Les autres candidats déplorent son absence

La candidate du Parti libéral, Claude Thibault, regrette surtout l'absence du candidat au débat de demain à l'émission Des matins en or. « On est avant tout dans une démarche où on veut permettre aux gens de faire un jugement éclairé sur les plateformes de tous les candidats et ce qu'ils peuvent apporter en région, croit-elle. J'avais une certaine déception lorsque j'ai vu que demain il ne serait pas au débat. »

Christine Moore, du NPD, croit « que c'est quand même dommage. Ça montre que depuis longtemps, les conservateurs ont malheureusement abandonné l'Abitibi-Témiscamingue. »

Au Bloc québécois, le candidat Yvon Moreau croit que c'est la moindre des choses d'être sur le terrain lorsqu'on se présente à une élection. La candidate au Parti vert, Aline Bégin, abonde dans le même sens. Elle aurait aimé voir ce candidat sur le terrain afin qu'il fasse connaître son programme.

Un candidat « poteau »?

Le professeur titulaire Louis Massicotte, du Département de science politique de l'Université Laval, explique qu'il arrive qu'un parti politique présente ce qu'il désigne par l'appellation d'un « candidat poteau ». Cela arrive quand un parti a de la difficulté à trouver un candidat dans une circonscription. « À ce moment-là, ce que le parti fait pour, quand même, ne pas donner l'impression qu'il est faible, c'est de trouver une personne qui n'est pas nécessairement résidente dans la circonscription, qui n'a pas nécessairement non plus bien envie d'être élue, qui ne se fait aucune illusion sur ses chances d'être élue, mais qui accepte qu'on pose sa candidature au nom du parti et puis il s'abstient de faire campagne parce qu'il a mieux à faire pendant la campagne », mentionne le professeur.

Selon lui, ce n'est pas une mauvaise stratégie. « Marquer sa présence, ça a ceci d'important, c'est-à-dire que si vous ne présentiez pas de candidat du tout, qu'est-ce que les médias auraient tendance à conclure, ainsi que leurs adversaires politiques? Ils diraient que ça prouve, voyez-vous, que ces gens-là sont tellement faibles, qu'ils ont tellement peu de chances de gagner le pouvoir, qu'ils n'arrivent même pas à trouver de candidats », explique-t-il.

Louis Massicotte rappelle que durant la dernière élection fédérale, plusieurs candidats ont été élus même s'ils n'avaient apparemment aucune chance de gagner.

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