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Une biologiste crie veut être le pont entre les Autochtones et les compagnies minières

Éliane Grant est une biologiste d'origine crie. Elle travaille sur un projet qui vise à éviter que des rejets miniers contaminent des communautés algonquines et cries du Québec. Un travail qui précède son entrée à la maîtrise en septembre, elle qui a obtenu un baccalauréat en biologie de l'Université de Montréal en 2017.

Un texte de Sophie-Claude Miller

L’intérêt d’Éliane pour la biologie s’est manifesté dès l’âge de 4 ans. Elle confie à Espaces autochtones que lorsqu’elle était enfant, l’unique chaîne de télévision disponible chez elle était Radio-Canada. Elle écoutait religieusement l’émission Découverte avec beaucoup d’attention. Bien que très jeune, elle tentait déjà de comprendre les mystères de la vie qui lui étaient expliqués.

Éliane admet que ses connaissances étaient limitées à ce moment-là, mais qu’elle avait déjà une curiosité scientifique développée. Puisqu’elle jouait souvent à l’extérieur, elle observait toute la nature qui l’entourait en tentant de nommer les plantes, les arbres, les rivières, les animaux et de comprendre les liens entre eux.

Ensuite, en apprenant à chasser avec son père d’origine crie, elle a approfondi ses connaissances de la faune et de la forêt. Ces compétences de chasse lui sont fort utiles dans son travail. Il est plus facile pour elle de pister un orignal et elle connaît leur comportement, explique-t-elle.

Faciliter la communication entre les commaunautés autochtones et les compagnies minières

Éliane Grant fait actuellement un stage accompagnée d’une dizaine de spécialistes mandatés par l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) et la compagnie minière Nemaska Lithium, dans le cadre d’un projet de valorisation de milieux humides à proximité des mines.

Leur rôle spécifique est de faciliter la communication entre les communautés autochtones, plus particulièrement les chasseurs et les compagnies minières. Éliane aide à établir la valeur des milieux humides situés près des mines dans le but d’établir un programme de compensation.

La jeune biologiste ne travaille pas pour les compagnies minières. Elle tente plutôt de faire le lien entre les communautés autochtones et les entreprises. Elle consulte les conseils de bande concernés, l’association des trappeurs cris (ATC) et concentre ensuite sa recherche en fonction des informations récoltées au sujet de l’eau et du gibier.

Ce stage est directement en lien avec le sujet de sa maîtrise qu’elle entamera à l’automne, soit la protection environnementale autour des mines. Après ses études supérieures, elle aura acquis les connaissances nécessaires pour effectuer des études environnementales.

Un exemple de persévérance académique

C’est avec détermination et persévérance que la jeune femme membre de la nation crie de Waswanipi a obtenu son baccalauréat en biologie à l’Université de Montréal. Pendant six ans, Éliane Grant a travaillé tout en étudiant à temps partiel dans le but d’obtenir son diplôme. Durant cette période, elle a même donné naissance à sa fille.

Quant aux défis auxquels elle a fait face pour obtenir son baccalauréat elle donne le conseil suivant aux jeunes qui seraient inspirés à suivre son parcours:

Éliane souhaite éventuellement travailler dans le Nord-du-Québec, que ce soit pour de gros projets d’Hydro-Québec, des compagnies minières ou d’exploitation forestière. Elle veut être une spécialiste de confiance, une porte-parole scientifique des communautés autochtones touchées par ces projets de développement.

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