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Une Crie invite les gens à témoigner à la commission québécoise sur les relations avec les Autochtones

Une femme de Whapmagoostui, une communauté située en Eeyou Istchee, le territoire des Cris du Québec, espère que son histoire encouragera les gens à participer à la Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec (CERP).

La semaine dernière, Natasia Mukash a livré son témoignage devant les membres de la commission, qui commencera officiellement ses audiences au début du mois de juin.

Elle raconte avoir été victime de discrimination par le personnel de l’hôpital de Val d'Or, en mai 2016, où elle avait été transportée d’urgence par avion, après avoir fait une fausse couche.

Elle affirme que les infirmières avaient décidé entre elles qu'elle ne verrait pas de médecin et qu’elle devait plutôt aller à l’hôtel, malgré son extrême douleur et sa faiblesse après dix jours de saignements.

« J'étais sûre que l'infirmière allait appeler la sécurité pour me traîner hors de là parce que j'étais hystérique », raconte Natasia Mukash.

Elle soutient que les infirmières la traitaient différemment que les autres patients non-autochtones, jusqu'à ce qu'elles découvrent qu’elle parlait français.

Elle dit avoir déposé une plainte auprès du Conseil cri de la santé et des services sociaux de la baie James ainsi qu’à l’hôpital de Val d'Or.

Même s’il lui est difficile de raconter publiquement les détails de ce qui lui est arrivé, Natasia Mukash est déterminée à le faire pour que les choses changent.

« Je veux que les gens se sentent inspirés et se disent "oui, je peux le faire, je peux parler et je peux participer au changement" », espère-t-elle.

Selon elle, pour faire une différence, « il doit s'agir d'un collectif, il doit y avoir beaucoup de gens ».

« Nous avons besoin de participants », dit le procureur en chef de la commission

La Commission, mise sur pied à la suite des témoignages de femmes autochtones de Val-d'Or qui se disent victimes de violence policière, a pour objectif de faire la lumière sur les enjeux systémiques caractérisant la relation entre les Autochtones et les intervenants de certains services publics.

L’enquête s’étend à l’ensemble de la province, touche 55 communautés autochtones et les services policiers, les services correctionnels, les services de justice, les services de santé, les services sociaux et les services de protection de la jeunesse. Elle portera sur les 15 dernières années.

Le procureur en chef de la commission, Christian Leblanc dit que la porte de la commission est « complètement ouverte » aux gens comme Natasia Mukash, qui estiment ne pas avoir été bien traités par les services publics.

« Nos recommandations ne vont être bonnes que si les gens nous parlent », a-t-il déclaré. Il dit croire que le contexte actuel est propice à des changements réels.

« Pour ça, nous avons besoin que les gens participent, explique-t-il. Ça ne fonctionnera que si des citoyens réguliers et des citoyens autochtones nous contactent et nous racontent leur histoire ».

La date limite d'inscription pour les organismes qui veulent un statut de participant à l’enquête est le 27 avril. Jusqu'à présent, seul l’organisme Femmes autochtones du Québec s’est inscrit.

Le rapport final de la commission doit être remis le 30 novembre 2018.

Avec les informations de CBC North

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