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Une mère en deuil de Lac-Simon déplore l'absence de considération de la police

Les services de police ont une nouvelle fois retenu l'attention mardi matin, à la Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics.

Un texte de Thomas Deshaies

Une citoyenne de Lac-Simon, Micheline Anichinapéo, a dénoncé le manque de considération de la police, alors qu'elle venait d'apprendre le décès de son fils.

Le 2 février 2017, Micheline Anichinapéo reçoit un appel d'un membre de la famille de son mari, qui l'informe que l'un de ses fils a été retrouvé inconscient dans la réserve faunique La Vérendrye.

Elle sait qu'une ambulance le transporte au Centre hospitalier de Val-d'Or et que des manœuvres de réanimation ont été effectuées.

Des heures sans réponse

Lors de son arrivée à l'hôpital, elle tente en vain d'obtenir des explications et de voir son fils, qu'elle sait maintenant décédé.

« Je n'ai même pas vu le médecin, même pas vu de police, rien. Juste une infirmière qui est venue nous dire [qu'on n'avait] pas le droit de voir notre fils, mort suspecte, juste ça, déplore Mme Anichinapéo. Pas eu d'information nulle part, ni par les agents de police, ni par le médecin. »

Une autopsie aurait été effectuée sur son fils le lendemain, sans qu'elle puisse lui dire adieu.

Des réponses, des mois plus tard

Lors de son témoignage, Micheline Anichinapéo a expliqué avoir dû elle-même entamer des démarches pour en apprendre plus sur les circonstances du décès, puisqu'aucun policier n'aurait communiqué avec la famille.

Des mois plus tard, elle aurait pu prendre rendez-vous avec un enquêteur de la Sûreté du Québec, grâce à l'aide du directeur de la police de Lac-Simon.

Mais ce n'est que près d'un an après la mort de son fils qu'elle obtiendra des réponses de la part du coroner de Montréal.

« Qu'on soit informé, on parle tous français maintenant. On est capable de lire, de comprendre votre langue. On est capable d'entendre puis d'écouter les consignes, les choses qu'on nous demande. J'aimerais ça que ce soit fait de l'autre bord aussi, des professionnels de la santé, de la police », a-t-elle témoigné.

Micheline Anichinapéo ne veut plus qu'aucune autre famille n'ait à vivre une telle situation.

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