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Une oeuvre sur la mutilation génitale censurée au Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue

L'oeuvre sur la mutilation génitale et l'égalité des sexes, réalisée par une étudiante en Arts plastiques du Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue, fait réagir. Exposée depuis peu dans le hall principal du collègue à Rouyn-Noranda, l'oeuvre a été partiellement recouverte à la suite de plaintes reçues par la direction des études.

Avec les informations d'Angie Landry

« Mon oeuvre comportait un sujet délicat : la mutilation génitale et l'égalité des sexes. Pour exprimer cette idée, j'ai conçu une courtepointe de vulves excisées afin de montrer l'existence de cette tradition dans un monde dit « moderne ». Pour renverser les rôles, j'ai modelé un pénis, qui à la suite de ma performance, sera mutilé comme les femmes qui sont si souvent victimes de mutilations génitales », explique Ariel Laplante.

Plusieurs plaintes ont été émises à propos de « l'organe mâle et non pour celles des organes génitaux féminins », raconte Ariel Laplante.  Suite à ces plaintes, elle affirme que la direction lui a demandé de cacher certaines parties de l'oeuvre ou de la déplacer.

L'oeuvre a donc été couverte partiellement. Par la suite, certaines personnes, qui jugeaient qu'il s'agissait de censure, y ont déposé des écrits sur lesquels on pouvait lire: « Parce qu'on est en 1987 » et « La censure dans le domaine des arts est-elle possible en 2016? ».

Réponse de la direction 

Le directeur des études au Cégep, Éric Aubin, n'est pas choqué par le projet d'Ariel Laplante, mais estime qu'il doit composer avec les divergences d'opinions à propos de l'oeuvre.

« J'ai proposé à l'étudiante, Ariel, et à son enseignante de déplacer l'oeuvre à un endroit où elle ne serait pas directement à l'entrée, mais ils m'ont plutôt proposé de couvrir la partie avec le pénis en érection »

La performance d'Ariel Laplante aura lieu le 20 mai prochain.

Réactions d'étudiants

Certains étudiants et professeurs, qui étaient devant l'oeuvre cet après-midi, croient que de couvrir en partie l'oeuvre efface sa signification.

L'artiste et coordonnateur de la galerie d'art L'Écart de Rouyn-Noranda, Mathieu Dumont, croit qu'il est positif, dans un certain sens, que l'oeuvre suscite une telle réaction.

« Souvent, ça ne va peut-être pas choquer la majorité du monde, mais il y a certaines personnes qui vont s'exprimer. Puis, quand tu regardes le nombre de personnes qui vont passer devant une oeuvre d'art, il y a des gens qui vont la regarder, ça va susciter une réaction, mais ça ne veut pas dire qu'ils vont aller au front, chialer contre l'oeuvre. Souvent c'est un minime pourcentage. C'est mon avis, mais une oeuvre qui propose un questionnement et qui choque, elle a au moins ce côté-là, qui vient provoquer des questionnements. »

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