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Une place pour les Autochtones dans le projet de politique culturelle québécoise

Québec accorde une place particulière aux cultures autochtones dans son nouveau projet de politique culturelle, un tournant selon des acteurs du milieu.

Un texte de Jean-Philippe Guilbault

Dévoilée mardi par le ministre de la Culture et des Communications Luc Fortin, l’ébauche de la nouvelle politique culturelle québécoise consacre une section complète à des engagements particuliers envers les peuples autochtones.

« Les efforts du gouvernement du Québec ont pour but de soutenir les Autochtones […] qui souhaitent renforcer leurs systèmes de transmission culturelle », annonce le ministère dans le document.

La fondatrice et directrice générale des Productions Feux Sacrés, Nadine St-Louis, souligne d'emblée le travail en amont qui a été fait par le ministère pour consulter les intervenants culturels autochtones.

« Le ministre a rencontré les chefs et les artistes autochtones lors de deux rencontres, afin de les entendre sur ce qui, selon eux, devait être intégré dans la politique pour démontrer le respect et la reconnaissance des cultures des Premières Nations et des Inuits », explique-t-elle. Nadine St-Louis rappelle également les « défis de taille » qui attendent le gouvernement pour le « redressement historique d’importance » qu'est la reconnaissance de l'implication des Autochtones dans la dynamique culturelle québécoise.

Québec cherche d’abord et avant tout à revitaliser les langues autochtones en adoptant une déclaration « reconnaissant ainsi leur statut particulier du fait qu’elles ont été les premières langues parlées sur le territoire. »

« Il ne faut pas oublier que les répercussions sur les langues, les arts, la culture et l'économie autochtones, engendrées par le processus de colonisation, sont profondes et durables, explique Mme Nadine St-Louis. Je vois la nouvelle politique comme un tournant dans l’histoire du Québec qui facilitera l’inclusion et amènera une réconciliation culturelle vivante. »

Un avis partagé par l’acteur huron-wendat Charles Bender. « On rattrape un recul », nuance-t-il, rappelant que la dernière politique culturelle du Québec, datant de 1992, évacuait complètement la réalité culturelle autochtone. Il salue également la volonté gouvernementale de protéger les langues autochtones, comparant le combat actuel des Premières Nations à la francophonie québécoise.

« Ce qui est bon pour la francophonie l’est aussi pour les langues autochtones », estime-t-il.

Huit engagements touchent directement les cultures autochtones, selon le document rendu public par le ministère. Or, l’ébauche du gouvernement demeure floue selon Charles Bender.

« Il y a de très beaux mots, de belles envolées, mais ça va se concrétiser comment », questionne celui qui siège aussi au conseil d’administration des Productions Feux Sacrés.

« J’espère [qu’avec le projet final] la culture autochtone sera validée », souhaite Charles Bender.

Le ministère de la Culture et des Communications ira à la rencontre des représentants des milieux culturels lors d’un forum prévu les 5 et 6 septembre.

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