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UQAT et Cégep A-T : beaucoup d'enseignants doivent voyager de l'extérieur ou dans la région pour exercer leur métier

L'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue doit faire appel à plusieurs chargés de cours de l'extérieur de la région pour offrir ses programmes. Le Syndicat des chargés de cours de l'UQAT estime que, chaque année, près de la moitié des chargés de cours de l'Université régionale proviennent de l'extérieur de la région. Mais la rentrée rime aussi avec beaucoup d'heures de route pour des enseignants de la région.

Avec les informations d'Émélie Rivard-Boudreau

De nombreux voyages entre les pôles de la région

Alors que le Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue et l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) possèdent plusieurs campus sur le territoire, les enseignants et les chargés de cours sont régulièrement appelés à voyager. Les syndicats s'inquiètent des conditions de travail de ces enseignants voyageurs.

« Certains collègues finissaient leurs cours à 22h le soir et on ne payait pas le coucher, là où ils donnaient le cours. Donc, la personne devait assumer un déplacement. Le cours finit à 22h, le temps qu'on ramasse les affaires, qu'on réponde aux questions des étudiants, il peut être facilement 22h45. Il y a des gens qui ont assumé eux-mêmes leurs couchers là où ils étaient, ou, ce qui est encore pire, il se sont déplacés. Donc, c'étaient des gens qui étaient fatigués, il y avait des risques qu'ils tombent endormis ou qu'ils ne soient pas aussi alertes sur la route, donc ça devenait une condition dangereuse », explique le président du Syndicat des chargés de cours de l'UQAT, Francis Bouffard.

Outre les conditions de travail, ce mode de fonctionnement soulève aussi des enjeux pédagogiques selon le délégué du Syndicat des enseignants et enseignantes du Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue, Miguel Charlebois.

« Parfois, pour empêcher qu'il y ait trop de déplacements, on va essayer de placer toutes les heures contact en une seule journée pour éviter de déplacer l'enseignant deux fois dans la semaine, et à ce moment-là, plutôt que d'avoir des heures divisées, les étudiants vont devoir suivre trois heures ou quatre heures de cours de suite, ce qui est parfois un contexte pédagogique plus difficile pour les étudiants des campus [de Val-d'Or et Amos] », illustre-t-il.

Miguel Charlebois mentionne aussi que certains enseignants doivent parfois donner deux cours dans deux villes différentes dans la même journée.

Le Syndicat des enseignants et enseignantes du Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue souhaite également que le Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue reçoive plus de budget du gouvernement du Québec pour considérer cette réalité. Une demande à cet effet a d'ailleurs été envoyée à la ministre responsable de l'Enseignement supérieur, Hélène David.

Des enseignants de partout au Québec se déplacent vers la région

Comme si cette situation n'était pas déjà complexe, s'ajoute aussi la réalité des enseignants qui arrivent de l'extérieur de la région pour venir donner des cours à l'UQAT, notamment.

La vice-rectrice à l'enseignement, à la recherche et à la création par intérim, Manon Champagne, explique que dans la région, « on n'a pas toujours accès à des chargés de cours qui ont les compétences recherchées et on a vraiment l'obligation, assez souvent, d'élargir le bassin dans lequel on recherche nos chargés de cours. Il faut payer ces déplacements-là, il faut payer leur hébergement, donc c'est quelque chose à prendre en considération dans le budget de notre université qui est certainement moins présent dans les budgets des universités qui sont dans les grands centres ».

Pour éviter des voyages coûteux toutes les semaines, le recours aux chargés de cours de l'extérieur entraîne de longues journées en classe pour les étudiants.

L'Association générale étudiante de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (AGEUCAT) remarque que ce moyen fatigue les étudiants. Cependant, la vice-présidente et responsable des affaires internes, de l'AGEUCAT, Amélie Cloutier, considère que la qualité de l'enseignement n'est pas affectée.

« Les professeurs voyageurs, ça ne nous dérange pas, affirme-t-elle, parce qu'on sait que ça nous permet d'avoir des professeurs de qualité, de l'extérieur, que probablement, on ne pourrait pas avoir autrement. Les professeurs sont quand même assez à l'écoute. Quand un professeur est à Montréal une semaine, il va quand même être présent au téléphone ou sur Skype, ils répondent assez vite à leurs courriels, sinon, quand ils sont là la semaine, ils s'arrangent pour avoir des rencontres avec les étudiants. »

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