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Val-d'Or : le patron de la SQ ne croit pas qu'il y ait une crise

Le directeur général de la Sûreté du Québec, Martin Prud'homme, ne croit pas que la situation mise au jour par l'émission Enquête ait entraîné une « crise » dans la communauté de Val-d'Or.

M. Prud'homme, qui est arrivé sur place lundi, a expliqué lors d'une conférence de presse qu'il avait parlé à des représentants autochtones depuis que l'histoire a éclaté la semaine dernière afin de prendre le « pouls » de la communauté.

« Les gens sont préoccupés. Il y a des questionnements. Mais de là à penser qu'on est en crise, je ne le pense pas », a affirmé le grand patron de la police provinciale. « On est en mode solution; c'est positif de le voir de cet angle. »

M. Prud'homme, qui multiplie les entrevues depuis lundi, argue également que les policiers de Val-d'Or ont une « bonne réputation » et que la formation qu'ils ont reçue sera revue, bien qu'elle soit déjà « bonne », selon lui. « Il y a toujours place à l'amélioration. »

Interrogé sur les policiers de la SQ de Val-d'Or qui ont cessé de travailler depuis la fin de semaine, le directeur général de la SQ se dit « convaincu que ça va rentrer dans l'ordre assez rapidement ». Cette question sera abordée lors d'une rencontre qu'il aura cet après-midi avec les agents du poste 144.

« Il faut prendre le temps de passer à travers cette période-là », a-t-il affirmé. « Je ne suis pas inquiet que nos policiers vont revenir au travail de façon graduelle. »

10 policiers visés par des allégations

Le directeur général de la Sûreté a par ailleurs défendu sa décision de confier à la SQ l'enquête engendrée par la lettre de dénonciation que la directrice générale du Centre d'amitié autochtone, Édith Cloutier, a transmise au directeur régional de la SQ en mai dernier.

Cette lettre, également envoyée à trois ministres du gouvernement Couillard, évoquait des « allégations sérieuses relatives à des abus physiques et sexuels par des policiers de la Sûreté du Québec auprès de femmes vulnérables, dont plusieurs femmes autochtones à Val-d'Or. »

Mme Cloutier souhaitait alors discuter avec le capitaine Jean-Pierre Pelletier des « mesures que vous considérez prendre afin d'assurer leur protection à l'égard de représailles ou d'intimidation dont elles pourraient faire l'objet à la suite de ces dénonciations ».

« Au départ, on parlait de 14 dossiers, qui ont résulté avec 11 allégations criminelles, qu'on a envoyées au ministère de la Sécurité publique », a expliqué à ce sujet Martin Prud'homme en point de presse.

« Des 11 allégations criminelles, on parle de 2 allégations concernant des inconduites sexuelles : une concernant un policier dans le début des années 80, qui est décédé aujourd'hui, et d'un autre policier, inconnu, par manque d'informations. »

« Donc les huit policiers du poste de Val-d'Or sont visés par des allégations de voies de fait et d'abus de pouvoir et aucunement d'allégations concernant des inconduites sexuelles », a-t-il poursuivi.

La version des autorités à ce sujet varie depuis vendredi dernier.

En annonçant vendredi qu'elle confiait l'enquête policière au Service de police de la Ville de Montréal, la ministre de la Sécurité publique Lise Thériault avait évoqué qu'elle concernait cinq patrouilleurs du poste de la MRC de la Vallée-de-l'Or, et trois autres travaillant ailleurs au Québec.

Un porte-parole de la SQ, le capitaine Guy Lapointe, a précisé peu après qu'un neuvième policier visé par des allégations d'inconduite sexuelle était mort depuis.
Il n'avait pas été question d'un dixième policier avant mardi matin.

Prud'homme n'avait pas décelé de problème de lien de confiance

« Je dois vous dire qu'au mois de mai, l'information que je possédais, et que je possédais également au mois d'octobre, ne m'amenait pas à penser qu'il y avait un problème de lien de confiance avec la population », avait précédemment dit M. Prud'homme lors d'une entrevue accordée un peu plus tôt à Gravel le matin.

« Bien entendu, comme vous, comme les citoyens, j'ai entendu le reportage de l'émission Enquête, j'ai vu la couverture médiatique, j'ai vu le questionnement, les préoccupations des gens ».

« Quelques jours avant, j'en ai parlé à mon sous-ministre de la Sécurité publique pour lui dire que j'avais un questionnement par rapport à la situation. Je voulais probablement faire transférer le dossier au SPVM », a-t-il poursuivi. « Et j'ai décidé de le faire le lendemain. J'ai écrit à la ministre, et j'ai demandé de transférer le dossier au SPVM, malgré que les dossiers étaient pratiquement complétés », a expliqué M. Prud'homme. « Je l'ai fait de bonne foi. »

« Au moment où j'ai eu les informations, jusqu'à la toute fin, on n'a jamais parlé d'inconduite sexuelle à l'endroit des huit policiers concernés. On parle d'un vieux dossier, d'une autre allégation d'un autre policier qui n'est pas identifié », a-t-il ajouté.

Dans le reportage d'Enquête, une jeune Autochtone affirmait cependant qu'au moins sept policiers différents lui avaient demandé une fellation, en lui enjoignant de garder le silence.

Du nouveau dans le dossier de Cindy Ruperthouse

M. Prud'homme a par ailleurs annoncé en conférence de presse que le cas de Cindy Ruperthouse est toujours traité comme un cas de « disparition avec un risque pour la vie », mais qu'il a été transmis « depuis un certain temps » à l'unité des crimes contre la personne.

Lorsqu'on lui a demandé si cela pouvait permettre de conclure que la SQ avait obtenu confirmation de son décès, il a répondu que Mme Ruperthouse « n'a pas été retrouvée », mais que les journalistes pouvaient en tirer les conclusions qui s'imposent.

Il a par ailleurs admis qu'une personne rencontrée par les enquêteurs dans cette affaire, à l'origine du reportage d'Enquête, a refusé de se soumettre au test du polygraphe.

M. Prud'homme a également confirmé que la SQ va ajouter des policiers à Val-d'Or, étant donné qu'il a annoncé hier son intention de créer une équipe qui patrouillera avec des travailleurs sociaux.

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