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Val-d'Or : Québec nomme un observateur au SPVM et n'écarte pas une enquête publique

Québec nomme un observateur qui fera partie de l'enquête du SPVM sur les allégations de violence contre des femmes autochtones de Val-d'Or, et ce, afin que « chacune des parties ait l'assurance entière de l'indépendance du processus ».  Le premier ministre Philippe Couillard l'a annoncé lors de la période des questions à l'Assemblée nationale. 

Auparavant, s'exprimant sur ce dossier chaud, M. Couillard n'a pas fermé pas la porte à une enquête publique sur l'état des relations entre la communauté autochtone et les communautés qui les entourent. Il attendra de voir ce que le gouvernement fédéral fera en la matière avant de se prononcer.

M. Couillard distingue la situation spécifique des policiers de la Sûreté du Québec de Val-d'Or et celle, plus générale, des relations entre les peuples autochtones canadiens et « les communautés qui les entourent ».

« On va regarder de façon très approfondie ce qui sera déposé par le gouvernement fédéral », a déclaré M. Couillard lors d'un impromptu de presse à Montréal.

En ce qui concerne les allégations de sévices sexuels, d'abus de pouvoir et d'intimidation à l'endroit de femmes autochtones de la part de policiers de la SQ, M. Couillard soutient qu'une enquête aura lieu. « Ça, c'est un enjeu sur lequel il doit y avoir une enquête, une enquête indépendante qui va permettre à tout le monde de s'exprimer dans les règles de droit », a déclaré le premier ministre.

La deuxième problématique est toutefois plus profonde, selon M. Couillard, qui a rappelé que le premier ministre désigné du Canada, Justin Trudeau, a promis une enquête publique sur la disparition de femmes autochtones au pays. « L'autre niveau [...], c'est tout l'aspect systémique, la relation entre les peuples autochtones au Québec - et ailleurs au Canada - et les communautés qui les entourent », avance M. Couillard.

Le premier ministre veut ainsi éviter que les deux ordres de gouvernement procèdent au même travail de façon simultanée.

« L'enjeu de fond, c'est cette loi désuète, qui date de 150 ans, qui est la loi sur les Indiens qui malheureusement garde nos peuples autochtones dans un état de dépendance qui m'apparaît contraire à leur intérêt », avance M. Couillard. Il ajoute que le Québec sera à leurs côtés lorsqu'ils voudront effectuer une révision de la loi.

Le premier ministre Couillard a ainsi fait écho aux propos de sa ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, qui n'avait pas fermé la porte à la tenue d'une enquête publique dans ce dossier. Mme Thériault était demeurée prudente, samedi dernier, en soulignant que M. Trudeau avait promis de tenir une telle enquête publique.

La ministre Thériault avait ainsi réagi aux propos du Parti québécois (PQ) et de la Coalition avenir Québec (CAQ) qui réclamaient une commission d'enquête publique à la suite des allégations révélées par l'émission Enquête.

De son côté, Québec solidaire souhaite plutôt que le gouvernement crée un comité de réconciliation dirigé par le premier ministre. Le mandat de ce comité serait de s'attaquer au problème de fond de la discrimination systémique dont les autochtones font les frais.

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