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Vote des Premières Nations : sensibilisation au Centre amitié autochtone de Val-d'Or

Aux dernières élections fédérales, en 2011, Élections Canada estimait qu'environ 66 % des Autochtones avaient exercé leur droit de vote. Et ce taux de participation varie selon les communautés. À Val-d'Or, le Centre d'amitié autochtone a voulu sensibiliser ses membres à l'importance de cet exercice démocratique.

Avec les informations de Sandra Ataman

Voici la version audio intégrale du reportage :

Un premier vote au fédéral pour certains

Une vingtaine d'Autochtones assistent à l'atelier sur les élections fédérales. Le Centre d'amitié autochtone veut leur expliquer qui sont les candidats, quels sont les enjeux et comment faire pour exercer son droit de vote. Parmi les personnes présentes, la majorité n'a jamais voté lors d'une élection fédérale.

C'est le cas de Marianne Cooper qui va voter pour la première fois. « Moi je n'ai jamais voté de ma vie. J'ai 50 ans. Je n'ai jamais voté de ma vie au Canada. J'ai tout le temps voté pour ma réserve, pour notre chef, mais jamais pour ça », dit-elle.

C'est le cas aussi de Charlotte Brazeau. « Oui, je vais y aller parce que je veux avoir mes droits. Je viens de comprendre pourquoi c'est important. J'ai compris le droit d'avoir notre culture. J'ai beaucoup d'enfants, des grands enfants, je vais leur dire de voter pour leur bien pour eux autres aussi », précise-t-elle.

Le manque d'intérêt pour les élections fédérales interpelle la directrice du Centre d'amitié autochtone de Val-d'Or, Édith Cloutier. Elle croit que les enjeux qui concernent les Autochtones ne sont pas suffisamment discutés sur la place publique. « Il y a des écarts importants en matière de santé, d'éducation, de services sociaux et on pourrait en nommer une longue liste », mentionne-t-elle. 

Il ne faut pas oublier que le gouvernement fédéral est le premier répondant pour les Premières Nations, rappelle-t-elle également.

Elle espère que tout le débat qui a entouré le rapport de la Commission de vérité et réconciliation et la demande d'une enquête nationale sur les femmes autochtones disparues ou assassinées va mobiliser les Autochtones le jour du scrutin.

Une réalité différente d'une communauté à l'autre

Pour le spécialiste des questions autochtones à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, Francis Lévesque, les autochtones votent en général moins que la population non autochtone, mais cela demeure une question complexe qui varie d'une communauté à l'autre.

Dans la circonscription Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou, un des candidats est autochtone : Romeo Saganash du NPD. Francis Lévesque croit que les autochtones se reconnaissent en lui. Et en même temps, il ajoute que c'est difficile pour un candidat originaire de Val-d'Or par exemple, d'aller faire campagne dans le Nord-du-Québec.

Le jour du scrutin, il y aura des sections de vote dans chacune des communautés sur tout le territoire. Les Cris qui sont en déplacement à Val-d'Or par exemple pourront avoir une procuration pour voter à l'extérieur de leur communauté. Un document qui est signé par le Centre d'amitié autochtone.

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