Retour

Voyage dans les traces de l'immigration finlandaise à Rouyn-Noranda

Quand on parle de l'immigration qui a contribué à l'essor de Rouyn-Noranda, on pense surtout aux Polonais, aux Ukrainiens, aux Russes et aux Italiens. Mais on oublie souvent qu'il y avait une importante communauté finlandaise dans les années 1930.

D'après une chronique de Sébastien Tessier, de Bibliothèque et Archives nationales du Québec

L’Indépendance de la Finlande est proclamée en 1917. L'année suivante, le pays est plongé dans une guerre civile qui dure quelques années. Cette situation crée une certaine instabilité qui peut avoir encouragé certaines personnes à quitter le pays.

Si bien qu’après la grève des « Fros » en 1934, les Finlandais sont la troisième communauté en importance dans la région après les Polonais et les Ukrainiens. En 1941, on compte 1133 Finlandais en Abitibi-Témiscamingue.

Les débuts de la communauté

Les premiers Finlandais sont arrivés dans le secteur de Rouyn-Noranda en 1925. La plupart d’entre eux sont fermiers dans leur pays d’origine. Ils viennent s'installer en Abitibi-Témiscamingue dans l'espoir de trouver de meilleures opportunités sur ce qu'ils considèrent comme de « nouvelles terres ». Ils n’ont pas de difficulté à s’adapter au climat rigoureux qui est comparable à celle que l’on observe dans les pays scandinaves.

Pendant que les femmes travaillent comme serveuses ou cuisinières, la majorité des hommes sont engagés dans les mines ou exercent le métier de prospecteur.

Quelques-uns se lancent aussi en affaires. Comme M. Niemen qui ouvre la Maison de chambres Ruokala. Comme aussi P. J. Kutianinen qui est propriétaire de l’hôtel Mars. William Koivu opte aussi pour l'entrepreneuriat, mettant sur pied ce qu'on désigne comme un « steambath », un bain public où les gens peuvent aller se laver.

Une communauté soudée par la langue, mais divisée

Au début, les Finlandais forment une communauté plutôt fermée. Plusieurs d’entre eux n'apprennent même jamais à parler français et se débrouillent avec difficulté en anglais. À la maison, les enfants apprennent le finnois. Ils ne s'initient d'ailleurs à l'anglais que lorsqu'ils entrent à l'école.

Malgré le caractère fédérateur de la langue, la communauté finlandaise reste divisée en deux groupes qui reproduisent les schèmes sociaux de leur pays d'origine. Les gens qui sont considérés comme des aristocrates en Finlande gardent une certaine distance avec les immigrants qui sont issus de la classe ouvrière.

Le groupe des aristocrates est plus tourné vers la vie religieuse, articulée autour de l’église anglicane St-Bede’s de Rouyn, même si la plupart des immigrants qui appartiennent à cette classe sociale sont pour la plupart de confession luthérienne. Des prêtres viennent de Toronto ou de Kirkland Lake pour les événements spéciaux comme les mariages et les funérailles.

Des traces de la présence finlandaise

Le groupe de la classe ouvrière est quant à lui beaucoup plus dynamique. Dans les années 1920, ses membres mettent sur pied le Club finlandais qui a pignon sur rue au centre-ville. Leurs locaux sont situés sur la rue Noranda, aujourd’hui appelée la rue Mgr Tessier, à l’endroit où se trouve aujourd'hui le Centre culturel musulman.

Une soixantaine de familles participent aux activités du club. On organise des pièces de théâtre, en collaboration avec les Finlandais du nord-est de l’Ontario, ainsi que des soirées dansantes qui sont très populaires. Durant ces danses, comme il n’y a pas de gardienne à l’époque, des enfants tentent de dormir un peu partout dans l’édifice.

Le club ferme cependant ses portes à la fin des années 1940, année qui coïncide avec le début du déclin de la population finlandaise. En 1961, il ne reste plus que 167 Finlandais à Rouyn. La majorité d’entre eux sont déménageront en Ontario, mais très peu retourneront en Finlande.

Il subsiste cependant quelques familles d'origine finlandaise à Rouyn-Noranda, notamment les Mommo et les Nieminen.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un tsunami de glace sème la panique!





Rabais de la semaine