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15 novembre 1976 : Matane et la Matapédia se souviennent

Les membres du Parti québécois de Matane-Matapédia ont souligné samedi, à Matane, le 40e anniversaire de la première victoire du Parti québécois à des élections générales. Pour la première fois, le Québec choisissait le parti de René Lévesque.

Un texte de Joane Bérubé avec la collaboration de Léa Beauchesne

Matane et Matapédia étaient alors deux circonscriptions distinctes. Les électeurs de Matane avaient alors élu Yves Bérubé, qui deviendra ministre des Ressources naturelles, et ceux de Matapédia, Léopold Marquis.

Ce soir-là, le nouveau député de Matapédia était loin de se douter que ce serait le début d'une longue lignée de députés péquistes dans la circonscription.

« C'était historique pour le Québec, rappelle Léopold Marquis, et c'était historique également pour le comté de Matapédia. En 1976, j'ai remporté la plus forte majorité de toutes les élections précédentes. J'ai battu, on peut l'appeler un monument, Bona Arsenault, qui était député de notre comté depuis 16 ans. »

Son parti avait du pain sur la planche. « De 1976 à 1981, se rappelle Léopold Marquis, on a voté des lois importantes, la loi 1 sur le respect de la langue française, la loi sur l'assurance automobile, la loi sur le zonage agricole. Le deuxième mandat a été plus difficile, parce qu'on a vécu une crise économique de 1981 à 1982. »

Pour écouter l'entrevue complète de Léopold Marquis

M. Marquis allait rester en poste jusqu'à ce qu'il soit battu par le libéral Henri Paradis en 1985. Le Parti québécois reprendra le pouvoir dans la circonscription en 1994 avec l'élection de Danielle Doyer qui, comme Bona Arsenault, sera en poste pendant 16 ans, jusqu'à la fusion de la circonscription avec celle de Matane.

Yves Bérubé, député et ministre

Quatre décennies plus tard, les souvenirs de la soirée du 15 novembre 1976 sont encore vifs pour les membres et anciens militants de l'époque. Plusieurs sont disparus, dont Yves Bérubé, décédé en 1993.

Né en 1975, l'actuel député péquiste de Matane, Pascal Bérubé, garde malgré tout des souvenirs très précis de son prédécesseur. Son père portait le même nom et était membre de l'organisation du parti.

Il raconte l'avoir vu à la télévision plaider pour qu'une papeterie s'installe dans la région de Matane. « J'étais loin de m'imaginer qu'un jour, poursuit Pascal Bérubé, j'allais faire la même chose que lui, que j'allais être au conseil de ministres comme lui. J'admirais tellement cet homme-là. »

Le député garde le souvenir d'une époque où c'était, croit-il, beaucoup plus facile de monter de grands projets.

Jocelyne Guimont, qui fut l'attachée politique du député et ministre Yves Bérubé de 1979 à 1984, parle aussi d'une époque effervescente. « Travailler avec Yves, c'était avoir une vision globale du Québec avec une ouverture sur la grandeur et l'appartenance », commente Mme Guimond.

Cette dernière conserve de cette période des images heureuses. « C'était important de dire j'étais là, pour découvrir qui on est et ce qu'on veut », ajoute-t-elle.

Pertinence du parti en 2016

Aujourd'hui, la circonscription de Matane-Matapédia demeure l'un des plus forts bastions péquistes du Québec. Toutefois, à cette fête des 40 ans de l'élection du premier gouvernement du Parti québécois, il y avait beaucoup de têtes blanches et bien peu de jeunes.

Pascal Bérubé aimerait bien que les jeunes soient plus intéressés par la politique. « Ce n'est pas évident, commente-t-il, les jeunes votent moins, particulièrement dans les milieux ruraux. Comment on mobilise les jeunes pour la suite? Il faut revenir à la base et aller voir les gens. Il faut aussi redéfinir le militantisme. »

Jocelyne Dumont croit que l'intérêt des jeunes pour la politique et l'indépendance est avant tout une question de « timing ».

Elle voit le Parti québécois en 2016 comme le parti qui doit forcer au questionnement sur ce que cela veut dire être Québécois et ouvert sur le monde.

Le député Bérubé ne doute pas non plus de la pertinence du Parti québécois en 2016. « Le Parti québécois a formé de bons gouvernements, mais son destin c'était que le Québec devienne un pays, dit Pascal Bérubé. Il y a encore du travail à faire et on doit regagner la population pour 2018. C'est un double travail. »

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