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À 85 ans, elle refuse de suivre des traitements d'hémodialyse loin de chez elle

Une dame de 85 ans de Gaspé refuse de faire des centaines de kilomètres pour subir des traitements d'hémodialyse. Ce refus de traitement relance le débat sur l'accessibilité du service d'hémodialyse en Gaspésie. Le ministre de la Santé dit toujours chercher une solution pour la région.

Yvette Lamarre se retrouve avec peu de choix devant elle.

Les 12 places pour recevoir des traitements d’hémodialyse à Chandler, à 100 kilomètres de chez elle, sont toutes comblées confirme le Centre de santé et de services sociaux (CISSS) de la Gaspésie.

Il reste donc Rimouski comme solution pour recevoir ses trois traitements par semaine, une ville qui se trouve à 300 kilomètres de Gaspé.

De toute façon, que ce soit Chandler ou Rimouski, la dame de 85 ans refuse de parcourir ces centaines de kilomètres pour recevoir le traitement qui la gardera en vie.

« Je n’aurai pas le choix. Que c'est que vous voulez? C’est au gouvernement à s’occuper de nous autres »,dit-elle en ajoutant qu’il est tout aussi impensable de déménager à son âge.

Moi, ma famille est toute ici. J’ai ma fille qui reste avec moi pour m’aider. J’ai mon mari qui m’aide beaucoup. Je suis très à la maison, alors je ne veux pas partir d’ici.

Yvette Lamarre

Elle demande au CISSS un service à Gaspé.

Elle croit aussi qu’il serait possible de recevoir des traitements à la maison, mais il faut une formation d’un mois donnée à Québec. « Ben voyons donc, à mon âge je vais monter à Québec un mois? », s'insurge-t-elle en ajoutant que des infirmières pourraient recevoir cette formation à sa place et faire les traitements.

La Gaspésienne n’est pas la seule dans la région à faire pression sur le gouvernement pour trouver une solution dans la région.

Gaétan Barrette veut trouver une solution pour la région

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, rappelle que la dame qui subit des traitements de dialyse par cathéter à la maison depuis une dizaine d’années, n’est pas encore rendue à l’étape de l’hémodialyse.

Il reste encore du temps.

Toutes les solutions sont étudiées pour améliorer les services pour toute la région. Le ministre pense par exemple à une unité mobile.

On ne peut pas mettre de la dialyse dans chaque CLSC du Québec par exemple. Alors il y a des limitations et il faut prendre ça en considération et c’est ce qu’on va faire.

Gaétan Berrette, ministre de la Santé et des Services sociaux

Le CISSS de la Gaspésie espère trouver la solution idéale pour la Gaspésie dans la prochaine année.

Cinquante-cinq patients suivent des traitements en Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent.

Le député de Gaspé, Gaétan Lelièvre, se désole que la population doive faire des menaces comme celles-là pour recevoir des traitements.

Il avoue que la situation que vivent les patients n'est pas le résultat des coupures des dernières années, mais elles limitent les interventions de l'État pour améliorer la situation croit-il.

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