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Agression sexuelle : dénonciation difficile dans les petits milieux

L'intervenante du Centre d'aide et de lutte contre les agressions sexuelles des Îles-de-la-Madeleine, le CALACS l'Espoir des Îles, Myriam Turbide, se désole du fait qu'il est difficile de dénoncer les agresseurs sexuels dans les petits milieux.

Un texte de Jean-François Deschênes

Mme Turbide fait référence à deux lettres ouvertes publiées récemment dans l'hebdomadaire des Îles-de-la-Madeleine, Le Radar, et publiées sur Facebook.

Dans la première, une femme raconte avoir été victime d'agression sexuelle cet été. La seconde dénonce une omerta, une loi du silence qui règnerait sur l'archipel quand il est question d'agression sexuelle.

Myriam Turbide trouve les deux femmes courageuses de parler ouvertement de la situation. « En même temps, elles sensibilisent la population des Îles à la problématique des agressions sexuelles. »

Elle est aussi d'avis que la loi du silence est plus importante dans les petits milieux parce que les gens se connaissent davantage. La victime et les témoins ont parfois à côtoyer l'agresseur.

« Ça prend en moyenne 15 ans avant qu'une victime se dévoile enfin, affirme-t-elle. Toutefois, dans les petites communautés, cette durée est parfois plus longue. »

Manque de financement

Le manque de financement du CALACS n'améliore pas la situation, selon elle.

L'intervenante déplore que, depuis 2002, l'année de sa fondation, l'organisme d'aide n'ait pas assez d'argent pour rester toute l'année. Il doit fermer quelques semaines l'été, ce qui peut avoir des conséquences sur celles qui voudraient dénoncer une agression.

Écoutez l'entrevue de Myriam Turbide avec Isabelle Lévesque dans l'émission Bon pied, bonne heure.

Médias sociaux, une arme à double tranchant

Myriam Turbide demande aux internautes de ne pas publier de nom d'agresseurs sur les médias sociaux, mais plutôt de les dénoncer directement aux policiers.

De plus, si les internautes écrivent des propos diffamatoires, ils s'exposent à des poursuites, prévient-elle. 

Elle demande également à ces derniers de faire attention aux commentaires qu'ils laissent. « Souvent, ça dérape sur les réseaux sociaux et ça prend une ampleur assez importante. »

Les commentaires sont lus et relayés par des milliers des personnes. « Ces personnes-là s'en permettent plus », dit-elle. « Ces personnes-là peuvent écrire des commentaires qui peuvent blesser les victimes et leurs proches. »

Les policiers répètent partout au pays de ne pas se faire justice soi-même sur les médias sociaux.

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