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Amendements à la loi 106 : prudence des élus municipaux

Le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand, a présenté jeudi des amendements au projet de loi 106 sur la mise en oeuvre de la politique énergétique.

Le gouvernement Couillard permettra aux municipalités de délimiter des zones qu'elles jugent incompatibles avec les projets de développement des hydrocarbures.

Québec estime ainsi répondre aux demandes du monde municipal qui réclame plus d'autonomie en matière de protection d'eau potable et d'aménagement du territoire.

Le préfet de Rimouski-Neigette et président du Collectif régional de développement, Francis St-Pierre, demeure prudent. « C'est important pour nous d'avoir une certaine liberté. Ce qui se passe sur notre territoire, les priorités d'intervention, c'est nous qui les connaissons », souligne M. St-Pierre.

Le premier ministre n'a toutefois pas précisé si les municipalités allaient pouvoir appliquer ces nouveaux pouvoirs aux territoires qui sont déjà visés par des permis d'exploration pétrolière.

Philippe Couillard a aussi soutenu qu'il n'y aurait jamais de forages par fracturation hydraulique dans la vallée du Saint-Laurent.

Il a toutefois été plus flou concernant Anticosti. « Anticosti, a indiqué le premier ministre, va se régler par lui-même. C'est un milieu insulaire. La montagne de démonstrations à faire est tellement élevée, les choses suivront leurs cours, mais ce n'est pas un endroit pour faire de la fracturation. »

Cette sortie du premier ministre n'a pas paru suffisante au maire de Port-Menier, John Pineault, qui demeure septique.

Selon lui, le gouvernement continue d'improviser dans la gestion de l'exploration pétrolière sur l'île. « Je ne veux pas être cynique, mais j'ai envie de rire. En juin, tout le monde s'est levé debout, les Premières Nations, tous les maires de la MRC et on a dit non à ce projet et qu'après le gouvernement a donné les permis à Hydrocarbures Anticosti, je n'y crois vraiment pas », a commenté le maire Pineault.

Plus de 130 municipalités ont déjà demandé à Québec de retirer le projet de loi 106. Ces élus considèrent que le projet de loi met en péril la protection de l'eau potable au Québec, et ce, sans que les municipalités soient consultées.  

Près de 2000 élus, dont plusieurs dizaines en provenance de la Côte-Nord, du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie, participent au Congrès de la Fédération québécoise des municipalités à Québec.

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