Retour

Apprendre à naviguer à bord du Picton Castle

Des grands voiliers convergent actuellement vers Québec pour fêter le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. L'un de ces voiliers, le Picton Castel, a fait escale à Sept-Îles, où nous avons rencontré des apprentis matelots qui suivent une formation à bord du navire.

Un texte de Laurence Royer

John-Edward Prada et Philippe Renaud-Smith ont quitté l’Île-du-Prince-Édouard le 2 juillet, à bord du Picton Castle pour une formation d'une vingtaine de jours. Ils apprennent, depuis, à manœuvrer un voilier, en plus de vaincre leurs peurs et de dépasser leurs limites.

Bien qu’ils soient plongés dans cette aventure avec enthousiasme, les premiers jours en mer n’ont pas toujours été une partie de plaisir pour les deux apprentis matelots. John-Edward Prada a eu besoin de quelques jours pour s’habituer à la vie sur un voilier.

Toutefois, les deux apprentis matelots ont rapidement pris goût à la navigation et à la vie en mer.

Les journées sont occupées à bord du Picton Castle. « On travaille de midi à quatre. Après ça, on mange, on se couche vu qu'on est fatigué. On retravaille de minuit jusqu'à quatre heures du matin, on remange un petit peu, on se recouche. On se lève, on dîne. Après ça, on est sur le bateau, il faut s'en occuper. On alterne », explique Philippe Renaud-Smith.

Une formation exigeante

Anne-Laure Barberis travaille à bord du bateau depuis deux ans. Elle supervise la formation des apprentis matelots. Elle a aussi occupé le poste d’officier au commandant à bord de la Grande traversée diffusée à Radio-Canada.

« On n'a pas besoin de connaître quoi que ce soit à la voile avant de venir, mais il faut avoir la motivation, il faut être prêt à travailler dur parfois. […] Il faut accepter la critique parfois de gens plus jeunes que soi, qui connaissent le bateau, qui savent quoi faire. »

C'est une aventure qui n'est pas sans risque. C'est sur ce navire que la fille de Bob Gainey, Laura, est morte en 2006 après avoir été emportée par une vague durant une tempête en mer.

La formation est donc importante, surtout pour les apprentis matelots qui n’avaient aucune expérience avant de commencer leur périple sur le Picton Castle. Selon John-Edward Prada, la barrière de la langue et du langage spécifique au domaine compliquent l’apprentissage des techniques de navigation.

« Le plus difficile, c'est les complications de la langue. On est des francophones, on parle un peu l'anglais, c'est limite. Pour la traduction, on a des Français sur le bateau qui nous ont aidés, ça a vraiment aidé, mais l'intégration est un peu plus difficile », dit-il.

Mais selon Anne-Laure Barberis, les apprentis matelots apprennent rapidement.

« C'est vraiment très enrichissant quand on voit quand ils commencent ils savent rien faire et même au bout d'une semaine ils savent faire pas mal de choses et on les voit progresser, c'est très intéressant. »

De belles amitiés

Pendant cette formation d’une vingtaine de jours, ils sont une quarantaine de matelots et d’apprentis matelots à vivre sur le Picton Castle, isolés en pleine mer. Cette situation semble propice à la naissance de tensions entre les matelots. Pourtant, de belles amitiés se créent, selon Anne-Laure Barberis.

Après une escale à Baie-Comeau, le Picton Castle se dirigera vers Québec où la formation des jeunes matelots prendra fin. Ceux-ci souhaitent profiter des connaissances qu’ils auront acquises lors de cette formation et continuer à faire de la voile une fois l’aventure terminée.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un avion s'écrase dans un arbre





Rabais de la semaine