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ArcelorMittal poursuit sa croissance à Fermont et Port-Cartier

En obtenant un tarif réduit pour son électricité, ArcelorMittal s'engage à injecter 500 millions de dollars dans ses installations minières au Québec. Retour sur une entente conclue jeudi, en Suisse, entre le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, et Lakshmi Mittal, premier dirigeant du géant mondial de l'acier.

Un texte de Louis Garneau

À l'occasion du Forum économique mondial de Davos, Philippe Couillard et Lakshmi Mittal ont convenu d'échanger des services : de l'électricité au tarif L (grande industrie) durant quatre ans, une économie de 60 millions de dollars, en échange d'un investissement pour maintenir plus de 2000 emplois à Fermont et Port-Cartier, dont 50 nouveaux emplois à Fire Lake.

Pour son porte-parole, Paul Wilson, l'objectif est de doubler à 14 millions de tonnes par an la production de concentré à l'ancienne mine de Fire Lake.

Ce faisant, l'exploitation du Mont Wright, la principale mine, sera prolongée au-delà de 2030.

C'est de l'argent qui est bienvenu. Notre objectif, c'est toujours de se rendre à la durée de vie de Mont-Wright, qui est de 2045, et c'est ce qu'on veut faire.

Paul Wilson, porte-parole d'ArcelorMittal

Il s'agit d'une entente naturelle pour les deux parties, constate Serge Morin, de la Financière Banque Nationale. D'une part, ArcelorMittal Canada, qui prépare toujours l'intégration du gaz naturel, a besoin d'un coup de pouce pour profiter de l'embellie sur le marché des ressources, où la concurrence des aciéristes chinois est féroce.

Partout sur la planète, les gens veulent réduire leurs coûts de production unitaires. Et ils ont tous la même solution, produire plus pour produire à moins cher la tonne.

Serge Morin, conseiller, gestion du patrimoine et 1er vice-président, Financière Banque Nationale

D'autre part, Québec est intéressé à maintenir ses revenus de taxation sur des emplois bien rémunérés, afin de financer l'accroissement des dépenses en santé et en éducation que la population réclame :

N'oubliez pas que l'argent qu'eux [Québec] investissent, si les emplois sont conservés plus longtemps que prévu, ils vont récupérer en impôt provincial, en TPS, en TVQ, ce qu'ils ont investi. Moi, je crois que c'est un geste qu'il faut faire, et je suis pas sûr qu'on a vraiment le choix.

Serge Morin

Tout cela alors que le prix du fer se transige présentement autour de 80 $ US la tonne, soit 110 $ canadiens, après être descendu sous les 40 $.

ArcelorMittal a terminé l'année 2016 avec une production de 28 millions de tonnes de fer concentré et de boulettes. La dette à long terme de la société-mère affichait un taux de financement de 4,75 % vendredi, comparativement à 7 % à la fin de 2015.

Une preuve que la réceptivité des banquiers à l'égard du secteur des ressources naturelles est plus favorable en ce début d'année 2017.

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