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Audiences sur Énergie Est : acceptabilité sociale et impacts sociaux

Un groupe d'experts a traité les questions de l'acceptabilité sociale et des impacts sociaux du projet Énergie Est aux audiences du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE).

Un texte de Guillaume BouillonTwitterCourriel

Professeure à l'Université du Québec à Rimouski, Marie-Josée Fortin faisait partie de ce groupe. Elle est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en développement régional et territorial à l'UQAR.

« Nous étions invités comme experts et outre une présentation, nous devions répondre aux questions des commissaires et du président de l'audience au sujet de l'acceptabilité sociales et des impacts sociaux d'un tel projet. »

Propriétés foncières

Marie-Josée Fortin explique que les questions portaient beaucoup sur les négociations en cours pour que TransCanada ait accès à des propriétés foncières en vue d'y faire des travaux et des relevés pour cibler l'emplacement d'un éventuel tracé de l'oléoduc.

« D'un point de vue d'acceptabilité sociale, donc, beaucoup de citoyens, de propriétaires fonciers, des agriculteurs en particulier, ont vécu cette situation avec difficulté. », mentionne madame Fortin.

Du positif et du négatif

Les facteurs qui peuvent influencer l'acceptabilité d'un tel projet touchent d'abord la distribution des impacts positifs et négatifs, selon la professeure.

« Par exemple, à long terme, on crée 33 emplois, mais en contrepartie, il y a beaucoup d'impacts négatifs avec les risques de déversement, la production de gaz à effet de serre, etc. C'est beaucoup de gens qui sont concernés, pas seulement 33. C'est donc de voir qui gagne et qui perd. », affirme madame Fortin.

« Et ce facteur rejoint le vieux débat historique qui oppose les impacts économique, que l'on voit comme positifs, et les impacts environnementaux, que l'on voit comme négatifs, explique Marie-Josée Fortin. Et il y a comme une absence de discussion entre les deux pôles. »

Participation de TransCanada

Madame Fortin affirme qu'un autre facteur important est celui du processus décisionnel. « TransCanada a été réticent à participer à différentes procédures, comme celle de l'évaluation environnementale de la part du gouvernement du Québec. C'est vécu comme de la provocation de la part de différents groupes. »

Incohérence politique?

La transition vers les énergie vertes qui s'opère tranquillement au Québec peut soulever des questions quant à la pertinence d'un projet comme Énergie Est. Il est donc légitime de se poser la question à savoir si cet élément ne vient pas aussi jouer un rôle dans l'acceptabilité sociale selon Marie-Josée Fortin.

« Il y a un incohérence politique. Le gouvernement favorise l'énergie verte, que ce soit avec les énergies renouvelables, le transport alternatif, etc. Et en même tempsl, il favorise des projets comme Énergie Est qui vont annuler les effets positifs qu'on cherche à obtenir. »

Après avoir passé son message devant le BAPE, le groupe d'experts va maintenant se rendre en commission parlementaire pour porter son message dans une autre tribune.

Cette première partie des audiences du BAPE sur le projet Énergie Est a pris fin jeudi. D'autres séances de consultation doivent ensuite s'amorcer à compter du 25 avril à Montréal, Laval, Trois-Rivières et La Pocatière.

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