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Austérité et santé mentale : un mauvais mariage

Les gens aux prises avec des problèmes de santé mentale vivent difficilement l'impact des compressions.   Les restrictions budgétaires compliquent leur accès aux soins et aux services. 

Un texte de Joane Bérubé

La directrice générale de Droits et recours en santé mentale Gaspésie-Les Îles, Anick Lepage croit que Québec évalue mal tous les problèmes que cela engendre pour les personnes vulnérables et ceux qui leur viennent en aide.

Selon Mme Lepage, les personnes dont la santé mentale est déficiente doivent affronter de nouveaux problèmes en sus de leur maladie. « Des rendez-vous reportés, l'absence de plan d'intervention, des délais d'attente d'intervention, des changements d'intervenants à outrance parce que cela change de chaises, cela change de responsabilités. L'augmentation de mesures de contrôle pour des raisons administratives », énumère Mme Lepage.

Droits et recours en santé mentale Gaspésie - Les Îles estime que le rapport remis la semaine dernière par la Protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germain, décrit très bien ce qui se passe dans la région.

Une situation qui se dégrade

La fermeture des lits en hospitalisation en santé mentale est un problème important pour la région, souligne la porte-parole de l'organisme en santé mentale.  

Elle se désole aussi de la diminution des subventions pour les familles d'accueil.

D'ailleurs, en l'absence de logements adéquats, les plus démunis vont se tourner vers les chambres à louer, et notamment en Gaspésie, vers de vieux motels réaménagés pour des chambreurs où on retrouve des gens aux prises avec des problèmes de santé mentale.

Les compressions ont aussi une conséquence directe sur les travailleurs qui tombent comme des mouches, poursuit Mme Lepage « Et ça, ça a une répercussion sur la qualité et sur la dispensation des services aux personnes que cela concerne », ajoute-t-elle.

Droits et recours en santé mentale Gaspésie-Les Îles rappelle que le pourcentage de plaintes fondées au Protecteur du citoyen est passé de 30,2 % pour les trois dernières années à 42,2 % en 2015-2016.

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