Vers l'âge de 16 ans, les adolescents qui vivent à Blanc-Sablon et dans les communautés de la Basse-Côte-Nord doivent quitter leur famille s'ils veulent poursuivre des études. Alors que certains jeunes sont pressés de vivre de nouvelles expériences, d'autres vont tout faire pour revenir dans leur région natale, une fois leur scolarité terminée.

Un texte d'Alix-Anne Turcotti

Joannie Beaudoin a 16 ans. Elle est née à Blanc-Sablon et partira dès la fin de l'été faire des études à Sept-Îles ou Rivière-du-Loup. Mais elle n'a pas l'intention de délaisser trop longtemps la région. Elle a choisi de devenir électricienne afin de trouver du travail dans son village natal une fois sa formation terminée.

Parmi ses amis, Joannie constate que plusieurs sont impatients de partir, mais elle sait aussi que la plupart finiront par revenir en Basse-Côte-Nord. « Il y a beaucoup de jeunes qui partent parce qu'ils aiment mieux ça la ville et parce qu'il y a plus de choses à faire, mais il y a beaucoup de monde qui revient ici parce qu'ils s'ennuient », explique-t-elle.

Son cousin, Michael Lavallée a hâte de quitter le nid familial, pour vivre ses propres expériences, mais il a tout de même l'intention de revenir s'installer à Blanc-Sablon après ses études.

Lors du dernier recensement du Canada en 2011, la municipalité avait perdu 11,5% de sa population en cinq ans, faute d'emploi durable.

Rénita Lavallé, une mère de famille, se souvient qu'à l'époque elle avait préféré rester à Blanc-Sablon plutôt que d'aller étudier plus au Sud. Mais aujourd'hui elle craint pour l'avenir des jeunes du village.

Sans la création d'emplois durables, Rénita ne croit pas que le prolongement de la route 138 jusqu'au dans le village suffise pour inciter les jeunes à rester dans la région. "Quand la route va arriver, les jeunes vont embarquer et je pense que notre village n'existera plus".

En attendant, Joanie et Michael sont conscients que leur vie à Blanc-Sablon ne ressemble pas à celle de tous les adolescents du Québec.

Joanie et Michael quitteront Blanc-Sablon à la fin de l'été. Seul l'avenir dira s'ils reviendront y travailler.

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