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Baleines noires : chercher comment concilier économie et survie de l’espèce

Le rapport publié à la suite des nécropsies effectuées sur six baleines noires mortes dans le golfe du Saint-Laurent conclut que l'activité humaine a causé leur mort. Les industries du transport, de la pêche et des croisières souhaitent maintenant concilier la préservation de l'espèce tout en maintenant l'activité économique.

Un texte de Brigitte Dubé, avec les informations de Sylvie Aubut et les entrevues de Maude Rivard

Ce rapport confirme que les plus grandes menaces pour la baleine noire sont les collisions avec les navires et les enchevêtrements dans des engins de pêche.

Défis et coûts considérables

Il semble s’établir un consensus chez l’ensemble des intervenants concernés : la solution passera obligatoirement par la concertation entre le gouvernement, les scientifiques, les industriels et les pêcheurs.

C’est l’avis du président du Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins (GREMM), Robert Michaud. « La recherche de solutions viables et à long terme va nécessairement passer par des rapprochements avec l’industrie des pêches », estime-t-il.

Écoutez l'entrevue de Robert Michaud avec Maude Rivard

M. Michaud indique que les solutions pour préserver les baleines noires poseront des défis considérables.

« Il y aura des coûts pour mettre en place des mesures de conservation, mentionne-t-il. Il n’y a pas de solutions simples. On peut modifier les cordes, le nombre de cordes. Il faudra faire attention aux gréements qu’on laisse traîner après la saison de pêche. »

Inquiet pour l’avenir

A Gaspé, une dizaine d'escales ont été annulées à la suite de la nouvelle réglementation. Même s'il comprend qu'il est important de sauver les baleines, le chef d'escale Gaspésie, Stéphane Sainte-Croix, se dit inquiet pour l'avenir de l'industrie.

« On continue de penser qu’il y a sûrement des façons de revoir les modalités de la réduction de la vitesse, considère-t-il. Il y a sûrement des façons d’améliorer notre capacité humaine de voir venir les impacts potentiels. »

À la recherche de solutions

Martin Fournier est directeur général l’Association des armateurs du Saint-Laurent. Le CTMA et le Groupe Desgagnés en font partie.

Écoutez l'entrevue avec Maude Rivard

Parmi les conséquences de la nouvelle réglementation, il cite l’allongement du temps de transit des navires sur le fleuve et les coûts qui y sont reliés ainsi que d’autres problématiques reliées à la stabilité des navires.

« Les stabilisateurs sont moins efficaces à plus basse vitesse, ce qui crée un inconfort pour les équipages et les passagers [quand les vagues sont fortes] », précise-t-il.

Pour sa part, le conseiller en environnement chez Groupe Desgagnés, Daniel Côté, indique que les mesures engendrent des coûts supplémentaires pour gérer plus rapidement le transbordement de marchandises.

Il ajoute que le ralentissement exigé ne permet pas d’économiser de carburant. « Passer plus de temps dans la zone, ça nous coûte plus cher de carburant et quand on en sort, il faut accélérer. Ça nous fait consommer beaucoup plus. »

M. Côté évalue à 1 million de dollars les pertes encourues pour la saison.

Selon Martin Fournier, l’Association des armateurs du Saint-Laurent travaille avec la Garde côtière Transport Canada et d’autres intervenants à identifier les meilleures mesures à mettre en place pour favoriser un maximum d’efficacité et réduction de risques à la fois.

Pour Daniel Côté, il faut regarder ce qui se fait ailleurs. « Il existe des solutions technologiques, dit-il. Dans le secteur de Boston, on a installé un réseau d’hydrophones dans les fonds marins. Ils mesurent le bruit et reconnaissent les sons des baleines. Ils envoient ensuite des alarmes aux capitaines. Également, il y a des plateformes web où on peut voir où se retrouvent les mammifères en temps réel. »

M. Côté estime aussi que les formations données aux navigateurs pour la reconnaissance des baleines peuvent faire partie de la solution.

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