Retour

Brûlage des camps de chasse : le ministre persiste et signe

Québec dit agir selon la loi qui permet le démantèlement ou le brûlage d'installations illégales en forêt publique. Cependant, le chasseur gaspésien qui a perdu récemment ses installations continue de dénoncer dans les médias ce qu'il considère être un « abus de pouvoir ».

Dans les derniers jours, un chasseur de Grande-Rivière, François Chiasson, a dénoncé la façon « irrespectueuse » avec laquelle des agents ont détruit et brûlé les camps de chasse qui sont sur des terres publiques, dont le sien.

Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette, a commenté la situation lors de son passage à Carleton-sur-Mer mardi. Il explique que les règlementations ont été appliquées et il demande aux agents de faire preuve de discernement.

« On va essayer de le faire de la façon la plus civilisée possible, mais ce n’est pas toujours simple. Quand les gens sont en forêt, en terre publique, il y a un peu de délinquance », dit-il.

« Abus de pouvoir »?

Le camp de chasse de François Chiasson se trouvait sur une terre publique depuis 27 ans. Il avoue toutefois n’avoir jamais payé pour être là.

Il a retrouvé son camp de chasse carbonisé avec tous les objets et souvenirs qui se trouvaient à l'intérieur. Il jure n’avoir jamais reçu d’avertissement.

Les agents du Ministère avaient laissé une note sur un arbre après le brûlage. Lorsque M. Chiasson a questionné le Ministère, le responsable lui aurait répondu qu'on avait affiché un avis sur le campement en février 2014, ce que dément le chasseur. « Moi je n’ai jamais eu en possession cette lettre », affirme-t-il.

Il ajoute que la MRC possédait toutes les informations au sujet de son installation et les coordonnées pour le joindre se trouvaient dans son camp de chasse.

Il se demande aussi quel impact aura ce geste sur l’environnement, parce que les agents n'ont pas nettoyé le site après le brûlage. « Ce n’est pas juste de brûler les biens, c’est la sécurité, l’environnement… J’avais un bidon qui était plein d’huile là-dedans », explique François Chiasson.

La réponse du Ministère

« Je vous rappelle qu’à la base, ce sont des gens dont la présence est tout à fait illégale sur le territoire public », rappelle le porte-parole du ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles, Nicolas Bégin, en ajoutant qu'il ne peut pas commenter des cas précis comme celui de M. Chiasson.

Cependant, de façon générale, la règle dit que les agents peuvent brûler ou démanteler un camp sept mois après l'affichage d'un avis. « C’est sûr que nous on ne fait pas exprès pour en arriver là, mais à ce moment-là, on a tous les droits de démanteler le campement, ou l’installation ou l’occupation », explique-t-il.

Le brûlage se fait l'hiver, pour réduire les risques d'incendie. Les débris sont ramassés plus tard, lorsque les conditions météorologiques le permettent.

Il ajoute que les camps ne sont pas nécessairement brûlés par les agents, ils peuvent avoir été vicime d'un acte de vandalisme.

Le porte-parole précise que cette mesure ne touche pas les villégiateurs en défaut de paiement de leur bail de location en terres publiques.

Indignations des députés gaspésiens.

Les députés de Bonaventure et Gaspé, Sylvain Roy et Gaéan Lelièvre, se sont indignés que plusieurs villégiateurs aient retrouvé leurs installations ou effets personnels en cendres, sans avoir reçu un avis préalable du ministère.

Même s'ils se disent en accord avec le principe du libre-accès pour tous à la forêt gaspésienne, les députés affirment que cette façon de faire du ministère est irrespectueuse.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine