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Cannabis : les élus gaspésiens demandent des comptes

Des élus de la Gaspésie s'inquiètent des impacts qu'aura la légalisation du cannabis l'été prochain et demande une compensation financière des gouvernements provincial et fédéral afin de les aider à appliquer la loi.

D'après le reportage de Pierre Cotton

Tout comme leurs fédérations provinciales, les maires et préfets gaspésiens demandent que les paliers de gouvernement supérieurs versent le tiers des revenus liés à la vente du cannabis aux municipalités afin de les aider à payer la facture de la Sûreté du Québec, qu’ils craignent de voir augmenter.

Plusieurs questions demeurent encore sans réponses alors que la législation entrera en vigueur le 1er juillet 2018.

Les élus municipaux aimeraient par exemple savoir s’ils pourront règlementer la consommation du cannabis dans un lieu public tels un parc ou encore la rue. Pour le préfet de la MRC de Bonaventure, Éric Dubé, il est important de connaître le rôle qu'occuperont les municipalités.

Certains élus sont carrément contre le principe de légaliser le cannabis. Ils craignent des effets dévastateurs en région. Le préfet de la MRC de la Haute-Gaspésie estime que les Libéraux de Justin Trudeau s'égarent avec la promesse de légaliser le cannabis.

« Jamais on n’aurait dû légaliser le cannabis, moi je suis complètement contre, moi je suis certain que ça va causer des dommages considérables dans les communautés. »

Par le fait même, le préfet craint que la consommation de cannabis chez les jeunes n’augmente.

Du côté de la direction régionale de la santé publique, on souligne que les études, menées entre autres en Europe, ne permettent pas d'établir un lien clair entre la légalisation et une augmentation de la consommation. L’efficacité des approches plus coercitives pour freiner la consommation n’est pas non plus clairement démontrée.

Malgré tout, les rassemblements de municipalités du Québec veulent s'y préparer. Elles demandent que le tiers des revenus de la vente du cannabis leur soient versés pour les aider à payer les services policiers.

Actuellement, les MRC assument déjà 53% de la facture de la Sûreté du Québec. Le porte-parole Hugo Fournier explique que 90 % des patrouilleurs sont déjà formés pour détecter qu’un conducteur est affecté.

« Demain matin, si un conducteur conduit avec les facultés affaiblies par la drogue, ils sont en mesure d’intervenir. Les 10 % qui ne sont pas formés, ce sont des gens en congé de maternité ou qui ont changé de poste. »

Par contre, le nombre d’agents évaluateurs de drogue doit quadrupler dans les prochaines années, passant de 31 à 120. « Le but est d’en avoir un par poste de police. »

Ces spécialistes interviennent plus tard dans le processus afin de réaliser certains prélèvements sur les personnes arrêtées dans le but d’étoffer la preuve.

« Évidemment, il y a des coûts qui sont reliés à ça, les coûts sont absorbés par la Sûreté du Québec et donc ça fait partie de la facture totale qui est chargée pour les municipalités. »

Le porte-parole insiste sur le fait que cette augmentation du nombre d’agents évaluateurs était déjà prévue avant la légalisation du cannabis et ne se traduira pas par une augmentation de ladite facture.

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