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Cathédrale de Rimouski : la Fabrique Saint-Germain fait le point

Le conseil de la Fabrique Saint-Germain a tenu une assemblée publique, jeudi, pour répondre aux questions des paroissiens concernant sa gestion de la cathédrale de Rimouski. Si les membres ont tenté de démontrer le plus de transparence possible dans le dossier, c'est plutôt du côté de la mauvaise gestion que les critiques sont venues de la part des paroissiens présents.

Un texte de Guillaume Bouillon

Les membres du conseil de la Fabrique Sant-Germain, dont le travail a été sérieusement critiqué par le public lors de l'assemblée du 7 septembre tenue par l'archevêque Denis Grondin, souhaitaient expliquer à la population leurs décisions dans le dossier de la cathédrale de Rimouski. Et les paroissiens et citoyens ont été nombreux à se déplacer à l'église de Saint-Pie-X, où se tenait l'assemblée.

Présentation des états financiers

D'entrée de jeu, le président de la Fabrique Saint-Germain de Rimouski, Normand Lavoie, a tenu à clarifier la situation, en ce qui à trait « au climat de suspicion qui règne et aux faussetés qui sont répandues » face au travail de gestion réalisé par les huit marguilliers qui constituent le conseil.

C'est pourquoi les états financiers ont été présentés au public, diaporama à l'appui. On y apprend que la Fabrique Saint-Germain est déficitaire depuis 2007, ayant vu ses actifs passer de 1 539 956 $ à 655 432 $, en 2015. À eux seuls, les coûts d'entretien de la cathédrale depuis 2014 s'élèvent à 234 541 $ et les coûts de rénovation à 270 190 $. 

Ce déficit s'explique donc à la fois en raison des coûts d'entretien des différentes bâtisses depuis la fusion de toutes les paroisses rimouskoises, mais aussi en raison d'une baisse considérable des revenus liés à la capitation.

« De moins en moins de gens contribuent à la capitation. En 2016, on accuse un retard de 40000 dollars par rapport à l'an passé. Il y a une diminution de la pratique religieuse, ce qui se traduit inévitablement par une baisse des revenus de la Fabrique », mentionne M. Lavoie.

Pas de classement patrimonial

Normand Lavoie a aussi profité de l'assemblée pour annoncer que le ministère de la Culture et des Communications avait refusé, dans les derniers jours, la demande de classement patrimonial de la cathédrale de Rimouski. Ainsi, les subventions qui auraient pu être attribuées à un bâtiment ayant un tel classement ne seront pas disponibles pour la rénovation et la réfection du bâtiment.

Rejet du projet Cathédrale 2016

Le président de la Fabrique a ensuite rappelé qu'après analyse de la proposition du comité Cathédrale 2016, qui veut rénover l'église et la conserver comme un lieu de culte, celle-ci avait été rejetée par l'ensemble des marguilliers. 

Le chiffre total du projet présenté par le Comité Cathédrale 2016, qui s'élève à 2,8 millions de dollars, ne serait pas juste selon le conseil de la Fabrique. Après consultation d'experts, les membres estiment plutôt ce chiffre à 6 millions de dollars.

M. Lavoie a terminé sur ce point en affirmant que les membres du Comité Cathédrale 2016 avaient présenté une offre non négociable et qu'ils n'étaient pas ouverts aux négociations.

S'allier à Monseigneur Grondin

Si bien que le conseil de la Fabrique Saint-Germain a pris la décision de se rallier à l'archevêque Denis Grondin et d'appuyer le projet de consultation publique qu'il a annoncé la semaine dernière.

Les membres du conseil de la Fabrique voudraient entre autres que des gens d'affaires et des élus s'allient aussi au projet pour qu'il soit viable. Et surtout que la Ville de Rimouski appuie monseigneur Grondin dans la suite du dossier. Les membres se montrent eux aussi entièrement disponibles pour soutenir l'archevêque.

« La Fabrique est en mode solution et nous sommes ouverts à toutes les propositions qui seront recueillies lors de cette consultation publique », indique M. Lavoie.

Période de questions

Une bonne part des paroissiens, qui ont pris la parole lors de la période de questions, étaient en faveur du projet du Comité Cathédrale 2016 et de la conservation de la cathédrale comme lieu de culte. Plusieurs d'entre eux ont mentionné le manque de transparence du conseil de Frabrique et l'ont même accusé d'immobilisme dans le dossier.

Jacques Landry, porte-parole du Comité Cathédrale 2016, a lui aussi pris la parole demandant aux membres du conseil de Fabrique pourquoi les pertes étaient continuelles et qu'en bons gestionnaires, ils auraient dû arrêter l'hémorragie avant qu'elle ne devienne trop sérieuse et qu'on doive vendre à tout prix. Le marguillier Paul Lévesque lui a répondu que toutes les cartes avaient été mises sur table lors de la présentation, avec chiffres à l'appui.

Monsieur Landry est revenu à la charge en affirmant que les estimations de coûts du projet Cathédrale 2016 étaient tout à fait raisonnables et que des comptables avaient approuvé le tout. Le marguillier Gilbert Laprise a alors indiqué que plusieurs dépenses n'avaient pas été prises en compte dans ce projet, que la réalité sur papier n'est pas la même que sur le terrain et que des dépassements de coûts étaient à certainement prévoir avec une telle bâtisse.

Tous ces gens se redonneront donc rendez-vous lors de la consultation publique annoncée par monseigneur Denis Grondin, dont la date n'est pas encore connue.

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