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Centre d'interprétation de la bataille du Saint-Laurent : Grande-Vallée demande l'équité

Grande-Vallée fait une seconde tentative pour créer un centre d'interprétation relatant le torpillage, par des sous-marins allemands, de navires de ravitaillement dans le golfe et l'estuaire du Saint-Laurent en 1942. Il s'agit d'un des rares épisodes de la Seconde Guerre mondiale en Amérique, mais il demeure plutôt méconnu.

Un texte de Michel-Félix Tremblay

Après un premier refus de la part de Patrimoine Canada au printemps dernier, les élus de Grande-Vallée ont déposé en septembre une demande d'aide financière au programme Fonds du Canada pour les espaces culturels. Si elle est acceptée, cela permettrait de financer la moitié du projet, estimé à environ 500 000 $.

La mairesse, Nathalie Côté, confirme que les discussions avec Ottawa vont bon train. Encore la semaine dernière, les fonctionnaires fédéraux ont demandé d'autres détails concernant le projet. Il est cependant évident que sans une réponse positive d'ici quelques semaines, l'ouverture du centre d'interprétation ne pourra avoir lieu à l'été 2017, comme souhaité au départ.

Au provincial, insatisfaite de la manière dont le dossier a été reçu par le ministère de l'Économie, de la Science et de l'Innovation, la Municipalité a exigé une révision de la demande d'aide financière de 150 000 $. Québec a accordé un maigre 36 000 $, soit à peine le quart de ce qui était espéré.

Grande-Vallée persiste et signe, il faut 150 000 $, sinon le projet sombrera dans l'oubli, à l'image des 23 navires torpillés par les U-boots allemands en 1942.

Le consultant embauché par la Municipalité pour développer le projet, André Lemieux, estime que la demande financière est nettement raisonnable, compte tenu du fait que le secteur de l'Estran est l'un des plus dévitalisés de la province et qu'il a été, selon lui, négligé par les gouvernements.

« On est passé de 3500 habitants à 2200 en 25 ans, rappelle celui dont le contrat s'est terminé en juin. Il faut prendre les moyens de détecter les opportunités. »

Le plan d'affaire du projet précise que les visiteurs ne feraient plus que passer par Grande-Vallée, mais s'y arrêteraient pour au moins 24 heures. On espère accueillir 2500 visiteurs dès la première année et 4500 trois ans plus tard.

« Ça permettrait de sauver nos commerces », précise monsieur Lemieux, dont la conjointe vient tout juste d'acheter un bar qu'elle a rebaptisé le Frederika, en souvenir de l'un des 23 navires torpillés par les Allemands pendant la bataille.

La mairesse est aussi d'avis que l'Estran est le parent pauvre de la Gaspésie. « C'est ce que j'ai expliqué au fonctionnaire responsable du dossier dès que nous avons reçu la réponse », rappelle Nathalie Côté. 

Pas de financement récurrent

Le débat entourant les musées reconnus, mais non financés, amenuise-t-il les chances que Québec permette l'établissement d'un autre musée potentiellement fragile? Non, répond André Lemieux. Le centre d'interprétation serait situé dans un bâtiment qui appartient à la Municipalité (Espace Esdras-Minville) et les frais fixes constituent déjà une dépense dans le budget de Grande-Vallée. De plus, il n'y aurait que deux employés en été, car la visite s'effectuerait à l'aide d'un audioguide.

Grande-Vallée espère des réponses avant les Fêtes, sinon elle peut oublier une inauguration en 2017.

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