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Cimenterie de Port-Daniel : des citoyens occupent la Caisse de dépôt

Un groupe d'une trentaine de personnes, formé de Gaspésiens, mais aussi de gens d'un peu partout au Québec, prend les grands moyens pour protester contre divers projets industriels, dont celui de cimenterie à Port-Daniel-Gascons.

Un texte de Joane Bérubé

Le groupe, baptisé Regroupement de citoyens opposés aux projets industriels insensés payés par le public en Gaspésie, occupe depuis tôt ce matin les bureaux de la Caisse de dépôt et placement à Montréal, en opposition à l'octroi de fonds publics dans la construction de l'usine.  

Pascal Bergeron, d'Environnement Vert-Plus, qui fait partie des manisfestants, explique que le groupe veut que la Caisse se retire, qu'elle sorte du projet. « Ou à tout le moins nous rende publiques les données qui nous disent que ce projet-là vaut la peine qu'on investisse dedans », précise M. Bergeron. 

Des porte-parole du Regroupement et du groupe gaspésien Environnement Vert Plus dénoncent les dépassements de coût du projet et les impacts environnementaux qu'ils qualifient de catastrophiques.

Le projet estimé au départ à 1,1 milliard de dollars coûtera 450 millions de plus, dont une partie sera assumée par la Caisse de dépôt, ce qui porte à 615 millions les fonds investis provenant de l'argent public, pour environ 150 emplois directs.

Le groupe estime que le gouvernement ne répond pas aux besoins de la population gaspésienne, mais à ceux de la famille Beaudoin-Bombardier, qu'il qualifie de « quêteux en cravates ».

Il y a près de deux semaines, le président et chef de la direction de la caisse, Michael Sabia, avait souligné que la cimenterie de Port-Daniel serait rentable malgré les dépassements de coûts.

Impacts environnementaux

Les protestataires rappellent également que le projet n'a jamais été soumis aux processus d'évaluation du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE). Le groupe s'inquiète notamment de la pollution des sols et des fonds marins.

Les protestataires soutiennent que plusieurs impacts environnementaux n'ont pas été analysés en profondeur par l'étude déposée par Ciment McInnis au ministère de l'Environnement. « On se rend compte que c'est 80 kg de plomb par année qui va aller dans l'air, et il n'y a rien qui dit où va aller ce plomb-là. Il va finir par se déposer au sol? Il va rentrer dans la chaîne alimentaire? Les gens vont finir par l'assimiler? » demande M. Bergeron.

Le Regroupement indique qu'il comprend des membres de partout au Québec, indignés par le projet de cimenterie de Port-Daniel et les projets de forages en vue d'extraire du pétrole et du gaz dans l'Est du Québec.

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