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Cimenterie Port-Daniel-Gascons : une année en eaux troubles

Plus de deux ans après l'ouverture du chantier à Port-Daniel-Gascons, le projet de cimenterie de Ciment McInnis est toujours aussi controversé.

Un texte de Richard Lavoie d’après un reportage de Pierre Cotton

Le projet de 1,1 G$ impliquant la famille Beaudoin et l’actionnaire majoritaire, le groupe Beaudier a bénéficié d’un investissement de 450 millions de dollars du gouvernement du Québec.

Mais, l’année écoulée a été marquée par les dépassements de coûts et la poursuite du débat engagé par les partis d’opposition à Québec et les groupes environnementalistes.

Au mois de juin, la ministre de l’Économie, Dominique Anglade révélait que le projet coûterait 440 millions de dollars de plus en raison de travaux d’ingénierie mal planifiés.

Quand j'ai vu ça, je ne peux pas vous dire qu'on était contents là, il n’y a personne qui était content de regarder ces chiffres-là!

Dominique Anglade, ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation

De son côté, Ciment McInnis a expliqué qu'il a fallu ajouter des équipements d’où cette hausse des coûts de 40%.

C'est comme quelqu'un qui s'achète une maison ou qui se construit une maison et qui décide un moment donné de se faire une deuxième salle de bain Ill ne pourra pas la faire au même coût que le projet de base!

Maryse Tremblay, Directrice, Communications et responsabilité sociale d’entreprise, Ciment McInnis

La CDPQ prend les choses en mains

En réaction, la Caisse de dépôt et placement du Québec a dû injecter 125 millions de dollars et prend le contrôle du projet.

Le PDG de Ciment McInnis, Christian Gagnon a été limogé et remplacé par Hervé Mallet.

Ces mesures ont rassuré la ministre Anglade mais pas le chef de la Coalition Avenir Québec, François Legault. « La caisse de dépôt a peut-être des chances de sauver son investissement, mais la partie qui est perdue c'est vraiment la partie du 350 millions du gouvernement du Québec », a-t-il fait valoir.

Le projet névralgique pour l’économie gaspésienne qui fournit de l’emploi à plus de 1000 travailleurs, dont 80 % de main-d’œuvre locale et régionale est toujours bien loin de faire l’unanimité.

Les environnementalistes y voient le projet le plus polluant « de l'histoire du Québec » et les partis d’opposition, un gouffre financier.

Entre-temps, les travailleurs sont à pieds d'œuvre jour et nuit pour terminer l'usine.

Ciment McInnis doit livrer ses premières commandes de ciment le printemps prochain aux États-Unis par bateau.

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