Y a-t-il des endroits dans votre région qui vous désolent, qui sont peu sécuritaires ou qui rendent vos déplacements difficiles?

Un texte de Charles Alexandre Tisseyre

À un an des élections municipales, Radio-Canada présente une série de reportages sous le thème « Rêver ma ville ». Cette semaine, nous abordons les cinq défis d'urbanisme à Port-Cartier, à Sept-Îles et à Baie-Comeau. Quels sont les enjeux qui se présentent en matière d'urbanisme pour les élus qui formeront les prochains conseils municipaux?

PORT-CARTIER

1. UN QUARTIER DÉSERT

Baladez-vous vers l'ouest sur le boulevard des Îles à Port-Cartier et vous aboutirez à un secteur désert. Sous la pression du géant minier ArcelorMittal, en 2011, la Ville de Port-Cartier a autorisé l'aménagement d'un nouveau développement domiciliaire, le Grand Héron. L'objectif : offrir des maisons de prestige pour répondre à la demande en plein boom du Plan Nord. Cinq ans plus tard, ces résidences ne se sont jamais construites et les terrains sont toujours vacants. Les coûts de construction sont élevés et les jeunes familles préfèrent s'installer dans des maisons déjà existantes, selon la mairesse, Violaine Doyle.

SEPT-ÎLES

2. « LE FESTIVAL DE LA TÔLE »

Promenez-vous sur les artères principales de Sept-Îles et vous serez frappés par la forte présence de la tôle comme matériau de construction des bâtiments. Ces lames de fer placardées sur les murs extérieurs font partie du paysage urbain de la ville... et de son histoire. Le président du comité consultatif d'urbanisme, Guy Berthe, soutient que la crise minière des années 80 a contraint des propriétaires à avoir recours à de l'acier industriel pour rénover leurs bâtiments en mauvais état. « On a dû rénover des bâtiments pendant que Sept-Îles avait perdu plus de la moitié de sa population et les revenus de taxation étaient peu élevés », dit-il. Aujourd'hui, il souligne que plusieurs citoyens l'interpellent lors de consultations publiques pour mettre fin au « festival de la tôle ».

SEPT-ÎLES

3. REPENSER LE BOULEVARD LAURE 

De la signalisation laborieuse en passant par un mélange hétéroclite de résidences, de commerces et d'industries, le boulevard Laure de Sept-Îles comporte son lot de défis urbanistiques. La Ville veut profiter d'une réfection que souhaite réaliser Transports Québec d'ici les 10 prochaines années pour repenser son artère principale. Elle a embauché un consultant pour planifier un développement en fonction de ses différentes sections, puis va déposer un plan au ministère. La Ville veut notamment rendre le boulevard plus accessible aux piétons et aux cyclistes.

BAIE-COMEAU

4. UNE RUE À QUATRE VOIES EN PLEIN QUARTIER RÉSIDENTIEL

Le boulevard Hélène à quatre voies se situe en plein coeur d'un quartier résidentiel de Baie-Comeau. Témoin de l'ère automobile des années 50, cette artère secondaire est toutefois peu achalandée. « Pour donner du prestige, on voulait de grands boulevards urbains qui laissaient beaucoup de place à l'automobile. Aujourd'hui, on constate que ce n'est pas nécessaire », explique la chef de division à l'urbanisme de la Ville de Baie-Comeau, Audrey-Anne Hudon. Elle cherche désormais à ramener ces rues résidentielles à l'échelle humaine.

BAIE-COMEAU

5. COHABITER... AVEC DES PYLÔNES

Ces imposants pylônes électriques qui longent le boulevard Laflèche témoignent du caractère hydroélectrique de la Côte-Nord. Mais ces lignes de transport de la centrale Manic-1 qui transforment le paysage urbain de Baie-Comeau empêchent toute construction aux abords de la rue. « On a tenté d'utiliser ça à notre avantage et aménager une piste cyclable dans l'emprise du corridor dans lequel on ne peut rien construire », précise l'urbaniste Audrey-Anne Hudon.

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