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CISSS de la Gaspésie : une autre bouchée de la réforme Barrette à avaler

Parmi les principaux défis que doit relever le réseau de la santé, celui du financement axé sur le patient, ou financement dit par activité, risque d'être le plus complexe pour le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Gaspésie.

Un texte de Joane Bérubé

Pour le moment, le CISSS dispose de peu d'information sur ce virage global du financement des soins de santé, admet la présidente-directrice générale du CISSS, Chantale Duguay. « On est dans les premières étapes. Les services ne sont pas remis en question, mais il va falloir qu'on s'organise en fonction de l'utilisation des services », précise Mme Duguay.

Chantale Duguay craint toutefois qu'au final, le budget d'ensemble du CISSS ne soit réduit. Déjà, en santé, couvrir adéquatement la Gaspésie, avec son vaste territoire et sa faible densité de population, représente un défi.  

Pas demain

L'implantation du nouveau mode de financement ne se fera pas du jour au lendemain.

Dans un premier temps, le ministère de la Santé devra évaluer les coûts de chaque type de soin dans les divers établissements de la province, ensuite, résorber les écarts qui existent, puis fixer un prix moyen pour chaque soin de santé offert dans la province. Les budgets versés aux établissements seraient établis en fonction de ces montants et du volume d'activité.

Chantale Duguay craint qu'à ce moment-là, la Gaspésie soit perdante. « Si j'ai un appareil de radiologie et qu'il est utilisé à 50 %, le financement pourrait être de 50 % d'utilisation. Mais encore là, nous n'avons pas encore reçu les paramètres de ce fonctionnement. On est en attente, mais nous avons un enjeu à cause du faible volume. »

Cette démarche prendra de l'ampleur dans les prochains mois. Pour l'instant, poursuit Mme Duguay, la demande du ministère est de « faire de l'optimisation, soit que les services offerts à la population soient les plus optimaux possible ».

D'autre part, outre le financement par activité, le ministère de la Santé a transmis cinq autres priorités aux différents établissements de la province, dont les soins à domiciles, les services de première ligne, l'accès à la médecine spécialisée, l'uniformisation de tous les systèmes d'information et l'implantation d'Optilab.

Services d'hémodialyse

Trois citoyens ont profité de la réunion du conseil d'administration du CISSS pour interpeller les administrateurs sur les services d'hémodialyse. Régulièrement, les services offerts font l'objet de revendication de la part de patients qui vivent à Gaspé ou en Haute-Gaspésie, où les services relèvent de l'hôpital de Rimouski.

Encore cet été, un citoyen de Sainte-Anne-des-Monts a menacé de cesser ses traitements s'il ne pouvait pas les recevoir dans sa région. Cyrille Gibeault, 63 ans, devait se rendre trois fois par semaine à Rimouski.

La directrice générale adjointe des programmes de santé physique, spécialisés et généraux du CISSS de la Gaspésie, Johanne Méthot, rappelle que les services d'hémodialyse sont offerts dans la région, à Chandler, depuis seulement trois ans.

Douze patients du sud de la Gaspésie peuvent maintenant recevoir leurs traitements dans leur région. Il reste toutefois quatre personnes, qui vivent sur le versant nord de la péninsule, qui doivent se rendre à Rimouski. « On regarde toutes les stratégies pour augmenter la proximité des services », assure Mme Méthot.

Les patients demandent une unité mobile pour offrir les traitements.

Toutefois, ce n'est pas dans les plans du CISSS. Johanne Méthot explique que le CISSS priorise les services d'hémodialyse autonome, ce qui demande une formation du malade ou de ses proches.

Pour l'instant, cette formation est offerte à Québec, mais des discussions sont en cours pour que le personnel de Rimouski puisse l'offrir.

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