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Colloque éolien à Matane : les opportunités de la politique énergétique

De nombreux observateurs croient que le Québec a mis de côté le développement éolien depuis la politique énergétique québécoise et le dernier plan stratégique d'Hydro-Québec. Mais les associations et entrepreneurs refusent de voir sombrement l'avenir et demeurent optimistes.

Un texte de Jean-François Deschênes et Brigitte Dubé

Le directeur régional de l'Association canadienne de l'énergie éolienne, Jean-Frédérick Legendre, remarque que la politique énergétique prévoit augmenter la production d'énergie renouvelable au Québec de 25 %, d'ici 2030. Pour lui, c'est majeur. Il faut maintenant que l'industrie saisisse ces opportunités.

Toutefois, le gouvernement devra préciser comment il y compte y arriver ajoute-t-il. « Il faut commencer à travailler demain matin, pour ça et le diable est dans les détails et c'est sur quoi on va travailler avec le gouvernement pour qu'on y accède. »

Il donne en exemple les besoins en en électricité du Québec chez nos voisins du sud qui ouvrent la porte à l'exportation de l'énergie.

Le directeur du Technocentre éolien, Frédéric Côté, ne voit pas de problème avec le fait que le plan stratégique d'Hydro-Québec ne s'intéresse pas aux éoliennes. Ce détail « a suscité beaucoup de points d'interrogation au sein des joueurs », avoue-t-il. Mais, il pense qu'il faut continuer de travailler avec le gouvernement « pour trouver une solution attrayante pour toutes les parties prenantes. »

Il considère que les gens d'affaires doivent saisir les opportunités offertes qui se trouvent plutôt dans la politique énergétique.

« Que l'on parle de permettre la construction de parcs éoliens pour l'exportation d'électricité chez nos voisins, qu'on parle des réseaux autonomes, qu'on parle des besoins du Québec une fois que la marge de manoeuvre (surplus énergétiques) sera ramenée à 2,5 %. Présentement, le surplus énergétique est estimé à 4 % », rappelle M. Côté.

Objectifs de la politique énergétique d'ici 2030

Court terme

Si l'optimisme pour l'avenir est présent pour les associations, le problème du manque de contrat à court terme pour certains manufacturiers n'est pas réglé.

Enercon par exemple, n'a pas été retenu lors des derniers appels d'offres d'Hydro-Québec. Résultat, il ne reste plus qu'une trentaine d'employés sur une centaine à l'usine de Matane.

La gestionnaire au développement des affaires pour Enercon, Eva Lotta Schmidt, explique que les employés de Matane fabriquent des modules électroniques pour les éoliennes de l'Ontario et de la Nouvelle-Écosse.

L'entreprise allemande tente de trouver des débouchés pour l'usine de Matane, mais tant que de nouveaux parcs ne seront pas construits au Québec, ça sera difficile. Il est impossible d'exporter les tours qui étaient fabriquées à Matane et qui pèsent des tonnes.

Il est clair pour Mme Schmidt que l'avenir pour Enercon se trouve dans l'exportation de l'électricité, mais il faudra que Québec précise ses intentions. 

Le directeur du Technocentre rappelle que c'est au Québec que l'industrie éolienne est la plus vigoureuse, avec plus de 160 entreprises. Il est donc très bien positionné pour participer à la transition vers des énergies plus vertes au Canada.

« Ça ne sera pas facile et c'est pour ça qu'on souhaite un bon plan, une bonne transition, signale-t-il. Ça fait appel aussi au plan d'action prévu cet automne dans le cadre de la politique énergétique. Ça fait appel aussi aux cellules d'intervention qui ont été demandées par les maires de l'Est-du-Québec lorsqu'ils ont rencontré le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles. Donc tout ça est important et doit se réaliser à court terme. »

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